‹ Essais de critique et d'histoire (volume 3)Chapitre 67 sur 155 · TiteLive, I · texte numérisé non relu

TiteLive, I

et des brandons. » Ce sens du vrai, incomplet peutêtre, est pourtant une partie de la critique. Il révèle à Tite Live, sinon les sentiments particuliers propres à certains temps, du moins les émotions générales semblables dans tous les temps ; et le génie oratoire qui le donne, donne encore celui des anciennes traditions. Élevé bien haut par ces nobles fables, Tite Live dédaigne de descendre aux discussions et aux doutes ; iî sent que la poésie seule peut raconter les temps poétiques, et son âme éloquente devient religieuse au spectacle de la religieuse antiquité. Écoutez le récit de la fin de Romulus : « Après avoir accompli ces immortels travaux , un jour qu'il tenait une assemblée dans une plaine, près du marais de Capra, pour dénombrer l'armée, tout d'un coup une tempête s'éleva avec un grand fracas et des coups de tonnerre, et couvrit le roi d'une si épaisse nuée , qu'il fut dérobé à la vue de tout le peuple. Depuis ce temps, Romulus ne reparut plus sur la

terre *. »

En dépit du beau style, l'histoire de TuUus garde

l'accent des légendes héroïques. Ce sont les résolutions soudaines et les supplices atroces d'un peuple barbare. Horace tue sa sœur ; Mettius est tiré par des chevaux et mis en pièces. On entend les formules minutieuses que prononçait dans les traités

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