‹ Essais de critique et d'histoire (volume 3)Chapitre 68 sur 155 · Tite Live, I · texte numérisé non relu

Tite Live, I

la dite superstitieuse et légiste. Du milieu des phrases polies s'élèvent des textes rudes et âpres, comme un vieux mur cyclopéen dans une ville moderne* Tel est ce chant horrible de la loi: « Que les duumvirs « jugent le crime de perduellion ; s'il en appelle, « qu'on débatte sur l'appel; s'ils gagnent, qu'on o: lui voile la tête ; qu'on le suspende par une corde « à l'arbre malheureux ; qu'on le batte de verges « soit dans le pomœriam, soit hors du pomœrium.» On créa par cette loi des duumvirs, qui, avec cette loi , n'auraient pas cru pouvoir absoudre même un innocent. Lorsqu'ils l'eurent condamné, l'un d'eux : « P. Horatius, je te déclare coupable de per- « duellion : va, licteur, attache-lui les mains. » Alors Horace, de l'avis de Tullus, interprète clément de la loi : « J'en appelle, » dit-il. Ainsi l'on débattit devant le peuple sur l'appel*. » Le discours perd vite »cetle brièveté saisissante ; mais après les antithèses admirables et le plaidoyer trop parfait du vieil Horace, on retrouve les mœurs primitives. Il semble qu'on voie ici le fragment d'un bas-relief antique : « Le père, ayant fait quelques sacrifices expiatoires, conservés plus tard par la famille Horatia, mit en travers de la rue un poteau, en forme de joug, sous lequel il fit passer le jeune homme, la tête voilée. On l'appelle le poteau delà sœur. » Tive Lîve a-t-il com-

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