PRÉFACE. XI
mille hasards qui Tiemient le cheipier ne font qu'altérer se» apparence sans nm obangper k son fond.
Cette distinction est encore plus TisiUe, quand il s'd^t non d'un homme, mais d'un siècle comme le XYU*. Sans doute la surface des choses y est infi- f niment multiple et mobile. Tous les dix ans, tous les ans, quelque point y change. Le goAt espagnol appa* rait» puis s'en va; les romans, bientôt les / portraits , : prennent faveur; les jansénistes ont le dessus, ensuite les jésuites ; un instant les mystiques surnagent, après eux les gallicans dominent. Qui pourrait comp- ' ter les fluctuations innombrables, les tournoiements, les remous, le jeu des fiots heurtés et entre-^brisés, et toutes les ondulations sinueuses qui viennent plisser la surface de ce grand courant? Qu'on les mentûnome en passant, et pour démêler sous ell^ la marche du fleuve, rien de plus juste ; mais qu'ont^elles à faire avec sa direction et sa force? Ici comme ailleurs, le premier soin doit être de séparer ce qui est haiiportant et ce qui ne l'est pas. Ce qui est impc^rtant, c'est ^\ de savoir par exemple pourquoi l'art de prouver et d'expliquer y étant parfait exchit les autres, pourquoi le thé&tre n'est qu'un salon de discours admirables, pourquoi la philosophie, au lieu d'observer les faits nouveaux, se borne à consulter les idées générales