Tite live, I
jngénieuse antithèse! Tai honte de comparer Tite Live h Méserai ; mais c'est justice, et TuUus parle aussi bien que les nobles de Ghildéric^ Songeons que TuLlus, Scipion, Gaton, plébéiens, patriciens, Grecs, Romains, barbares, hommes de tous temps et de tous pays, ont chez Tite Live le même langage exquis, le même bon goût oratoire et la même science du raisonnement, disciples de la même école, formés sous un maître qui, bon gré mal gré, les rend tous éloquents. Gela nous choque moins, au temps des guerres grecques et puniques, plus voisines des âges lettrés ; h tprl pourtant: car cet art heureux ne s'acr corde guère avec les rudes fragments d'Enniusetde Catpn. Ge genre d' ignorance n'a qu'une excuse : c'est qu'alors il était universel. Et pourtant comment, dans un récit de sept cents années , ne pas s'aper^ cevoir que les esprits et le langage changent? Il suffit d'avoir vécu dix ans pour découvrir une révolutio^n dans le style et dans les sentiments. Tite Live a-tril donc cru que l'histoire est une énumération de batailles et de décrets, et qu'il s'agit non de peindre les hommes, mais d'exposer les faits? Dans cette ignorance, que devient le sens critique? Comment décider si un événement est vraisemblable, quand on ne se représente pas les mœurs et les idées qui l'ont causé? Comment comprendre les passions.