‹ Essais de Critique Et D'histoire (volume 4)Chapitre 39 sur 46 · M. Guizot, Essai sur Vorigine du système représentatif en · texte numérisé non relu

M. Guizot, Essai sur Vorigine du système représentatif en

Angleterre. ,

popularité, ils obtinrent des chartes, ils arrachèrent des garanties, ils fondèrent le Parlement, ils conquirent pour eux et pour la nation des institutions libérales, une part dans l'autorité et le gouvernement représentatif. A la fin du xnr siècle, cette œuvre était achevée : « C'est la coutume du royaume d'Angleterre, disait au pape un archevêque de Cantorbéry, que dans toutes les affaires relatives à l'état de ce royaume on prenne l'avis de tous ceux qui y sont intéressés. »

Ce n'est pas assez pour une aristocratie qui veut durer d'être unie et d'être utile; il faut encore qu'elle se mêle au peuple pour éviter l'envie, et qu'elle se recrute dans le peuple pour éviter l'appauvrissement. Les chevaliers députés des comtés siégeaient dès le xiv siècle avec les bourgeois députés des villes. Tandis qu'en France les simples nobles, votant avec les grands seigneurs, laissaient sans lien le tiers état et l'aristocratie, ici les sinjples nobles, votant avec les bourgeois, unissaient l'aristocratie et le tiers état. En même temps que les deux pouvoirs s'alliaient l'un à l'autre, les deux ^ classes se fondaient l'une dans l'autre *. Des membres de l'aristocratie rentraient daps le peuple; des membres du peuple entraient dans l'aristocratie. Le riche bourgeois pouvait devenir chevalier; le

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