LA QUESTION DE LA CERTITUDE XXIX
nature, une sorte de probabilité, plutôt qu'une démonstration de la liberté comme réelle.
Puisque tant de motifs de croire à la liberté sont réunis, que les thèses nécessitaires, en tant que démontrables, sont réfutées, et qu'il y a absence de preuves ^ purement rationnelles des deux côtés, comment obtenir une certitude? Mais qu'est-ce qu'être certain à l'égard d'une chose ou d'une connaissance quelconque? C'est une question qui fait suite à l'analyse des fonctions humaines, et qui nous oblige à revenir, au point de vue de la méthode, sur toutes les affirmations inévitables de nos études antérieures, affirmations dont nous n'aurions pu d'ailleurs nous défendre dans l'étude même de la certitude, à quelque moment que nous l'eussions entreprise.
Si nous reconnaissons n'avoir d'aucun objet, fût-il même tout rationnel, un genre de certitude où notre personne au fond ne se trouve en jeu, il ne faudra pas nous étonner d'avoir été conduits à voir dans la liberté affirmée un acte de la liberté. Mais il est juste que l'acte éminent de la personnalité soit l'affirmation qu'elle est appelée à faire d'elle-même.