XXVIII INTRODUCTION
terme. Les autres, et notamment la critique historique et morale, ont précisément à traiter la question de la liberté, qui est celle de l'étendue des lois nécessaires. Elles ne doivent donc pas la trancher.
11 existe une science mathématique dont les possibles sont la matière, dont les principes et les résultats, par conséquent, peuvent s'examiner et s'interpréter en vue de savoir s'ils démontrent l'existence des possibles contingents et des futurs indéterminés et ambigus, c'està-dire de la liberté humaine réelle, ou s'ils laissent ces questions en suspens. Cette science est le calcul des probabilités.
Le calcul des probabilités suppose formellement des futurs contraires également possibles , et cela surtout dans les jeux de hasard, qui sont la matière en quelque sorte typique de son analyse. Ces possibles égaux sont-ils égaux seulement eu égard à l'ignorance de l'observateur .^^ ou l'expérience, comparée au calcul, établit-elle qu'ils le sont effectivement.»^ On peut interroger sur ce point la loi dite des grands nombres, puisque d'une part le calcul la démontre dans l'hypothèse de l'égalité des possibles (c'est-à-dire de leur imprédétermina tion réelle), et que, d'autre part, l'expérience la vérifie.
La vérification expérimentale de la loi des grands nombres prouve que, si la liberté est réelle, il y a une classe de faits nés de la liberté et soumis à cette loi unique, singulière, qui permet, qui même exige qu'ils soient rigoureusement imprédéterminés; et que, si la liberté n'est qu'apparente, et si tous les faits possibles sont prédéterminés, alors la nécessité universelle impose à une classe de ces derniers la même loi qu'ils suivraient s'ils n'admettaient aucune détermination anticipée.
Le calcul dés probabilités fournit ainsi, selon sa