‹ Essais de critique générale (volume 2)Chapitre 3 sur 194 · IV • INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV • INTRODUCTION

à. une certaine sensation spécifique. De là vient que l'existence de la sensation ne suppose pas nécessairement celle de son objet ordinaire.

Il n'existe pas de sensorium, ou sens commun, autre que la conscience elle-même, et la conscience n'a pas d'autre siège, dans la sensation, que le lieu où celle-ci est rapportée. Mais la biologie peut rechercher quels organes sont par le fait des conditions indispensables de chaque sensation ou de toutes.

L'entendement ne naît pas et ne se développe pas sous la condition de la sensibilité préalablement donnée, à l'instar de ce qui a lieu dans le passage des fonctions physiques aux fonctions organiques, et de celles-ci à la sensibilité; car la sensibilité est représentative de sa nature, et par conséquent implique, dans la mesure d'une conscience plus ou moins nette, un développement quelconque de ce qu'on nomme l'entendement.

L'expérience et les sensations ne sont pas sans l'entendement, puisque ce dernier leur fournit des formes générales et régulatrices indispensables, qui sont les catégories; et l'entendement n'est pas sans l'expérience et les sensations, puisqu'il faut à l'animal, tel que nous le connaissons, des données sensibles particulières pour matière de ses représentations.

Les fonctions de l'entendement offrent autant de grandes divisions qu'il y a de catégories (sauf que les trois dernières catégories dépassent la sphère de la représentation intellectuelle pure) :

I. Relation : Comparaison, Attention, Réflexion. — La conscience qui compare les phénomènes est un acte représentatif de la relation donnée entre eux. Ainsi, la

L ANALYSE DES FOiNCTIONS HUMAINES V

Comparaison est une fonction aussi générale que la catégorie à laquelle elle correspond, et qui est une forme universelle de toutes les autres.

La Comparaison se retrouve dans les fonctions plus particulières, et suit ainsi la Relation dans les modes plus définis de distinguer, d'identifier et de déterminer les phénomènes.

La Comparaison élémentaire appartient à l'animal. L'homme seul, en comparant, se représente la comparaison même. L'homme prend pour des représentés ses propres actes, ses opérations comme telles. Cette conscience de la conscience est la Réflexion. (La Réflexion, comme l'Attention, qui fournit en quelque sorte ses éléments composants, a sa principale racine dans la Volonté.)

2. Quantité : Numération. — La conscience qui compare les phénomènes pour les décomposer, composer et déterminer sous les rapports d'unité, de pluralité et de totalité, est la Numération.

Cette fonction est engagée dans toutes les autres. Ses objets, quand la Réflexion et la Raison les séparent, deviennent la matière d'une science. Il en est de même des deux fonctions suivantes.

3. Position : Imagination. — La conscience des phénomènes comme limités, séparés d'espace et déterminés d'étendue, est V Imagination.

Cette fonction s'étend beaucoup par l'union de ses représentés avec les données de la sensibilité et de l'expérience. Elle soumet à la conscience, sans la sensation, ce qui lui est soumis aussi dans la sensation, les images, dont la loi de position est le premier caractère, puis toutes sortes d'autres qualités.

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