L ANALYSE I>ES FONGTIOISS HUMAINES VU
5. Devenir : Pensée, Séries de la pensée. — La fonction de conscience liée à ta c^légorie du changement s'applique, non pas à la succession simplement, mais à la représentation expresse d'un phénomène comme même
eV. autre à différents moments. /
La Pensée ou fonction du devenir de conscience, à l'égard des représentés externes, gouverne la perception des changements de Jieù' et des variations des qualités sensibles. A l'égard des phénomènes proprement représentatifs, elle les distribue comme différents et toutefois liés les uns aux autres dans le temps. I
Les phénomènes de conscience, caractérisés par les diverses catégories, admettent autant de modes de liaison et de transition dans le devenir qu'il y a de rapports et de lois pouvant les enchaîner mutuellement à l'état de repos. Cette loi générale et irréductible est l'unique explication des Séries de la pensée ou de V Association des idées.
On peut se demander seulement comment telle série est donnée de fait à la conscience, entre tant d'autres séries également possibles selon la loi générale. La réponse à cette question dépend de l'analyse de l'Instinct, de la Passion, de l'Habitude et de la Volonté.
Les illusions de la Pensée sont celles des fonctions précédentes développées en séries, et tout autant que la réflexion ne s'applique pas assez aux premiers jugements qui les accompagnent.
6. Qualité : Raison, Signification, Jugement, Raisonnement. — La fonction qui distribue les phénomènes selon la qualité, et les différencie, généralise et spécifie, est la Raison.
La Raison, étudiée comme toute autre fonction, ne dépasse pas les concepts de l'entendement, non plus que
Vin INTRODUCTION
ne les dépassent la Numération^ \ Imagination, ou la Mémoire, lesquelles se prêtent aussi à l'illusion de l'infini. L'inconditionné et l'absolu, de même que l'infini du nombre, de l'espace et du temps, ne semblent se poser en soi pour la Raison que parce qu'on viole la loi fondamentale de la catégorie, qui ne permet de détermination ou de synthèse qu'avec apposition de limites. Or, nulle représentation n'est possible que selon cette loi. Cette loi elle-même donne le seul sens possible, intelligible, aux éléments les plus universels et les plus abstraits de la représentation soumise à sa propre analyse.
La Raison est propre à l'homme, parce que seul il unit et sépare avec réflexion (et volonté) l'attribut et le sujet, et par là spécifie proprement et classe. C'est tout autre chose que la distinction, l'identification et la détermination dont l'animal est capable, avec son mode irréfléchi de comparer. Aussi, la claire conscience de l'acte de la raison fait que l'homme cherche dans l'imagination, dans la mémoire, dans la sensation artificielle, des moyens de fixer des déterminations auxquelles la sensation naturelle est impropre, parce qu'elles ne sont pas individuelles.
Ce secours de la Raison est la Signification. Le signe représente l'espèce. Il est pris de la sensation et s'adresse à la sensation et aux fonctions reproductives (Imagination et Mémoire), pour servir à nommer l'universel d'un degré quelconque et, par suite, l'individuel lui-même.
Le signe est adopté par les hommes en commun et par l'efl'et d'une convention naturelle, dont les éléments appartiennent à des impressions communes, à des associations communes de phénomènes externes et d'idées, grâce à la disposition imitative des organes et des fonctions de la conscience. C'est ainsi qu'il peut s'employer