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L ANALYSE DES FONCTIONS HUMAINES IX

à la communication des pensées entre les hommes, et il s'y emploie notamment par le langage et par l'écriture.

Un système de figures, un système de sons résolvent également les problèmes de la signification et de la communication, et d'autres systèmes seraient à la rigueur possibles. Employés concurremment, ces deux modes ont pu trouver ensuite une certaine unité dans l'invention de l'alphabet.

Les signes sont d'abord symboliques, c'est-à-dire aussi voisins qu'il se peut de la sensation, et choisis pour suggérer l'idée de l'universel au moyen d'un individuel représenté ou rappelé ; puis ils deviennent, à leur manière, aussi abstraits que les signifiés, et presque tout artificiellement conventionnels, sauf que l'habitude y a plus de part que la volonté.

11 existe plusieurs systèmes de langage, irréductibles les uns aux autres, c'est-à-dire pour lesquels diffèrent, non seulement la première convention des noms, mais surtout le procédé employé pour les lier, en vue d'exprimer leurs rapports dans la pensée, et qui est la grammaire.

La question de la langue universelle est relative à l'établissement d'une convention pure et uniforme, à côté des produits variés des instincts et des habitudes : établissement aisé en lui-même et désirable, s'il s'agit, non de remplacer les langues, mais de donner ce qu'elles ne donnent point, un instrument simple de communication générale.

La question moins facile de la langue philosophique (et, par suite, de la langue universelle logique ou rationnelle) comprend deux problèmes. Le premier, plus formel que matériel, se résoudrait par une classification des notions grammaticales, rapportées aux catégories, et par l'adoption d'un système de signification des rela-

lions, entre un grand nombre de p^oposables. Le second, celui du vocabulaire, suppose, une classification des phénomènes eux-mêmes, et n'admet de solution définitive pour chaque partie de la connaissance qu'autant que cette partie est regardée comme parvenue à l'état scientifique.

La Signification est nécessaire à la Raison, c'est-à-dire à* son exercice, et au jeu même de la pensée réfléchie chez l'homme. Toutefois, la Raison est encore plus nécessaire à la Signification. Aussi, ces deux puissance^s se développent ensemble, l'une devenant plus nej,te <^ plus fixée à mesure qu'elle se donne le secours de l'autre pour ses actes.

Il résulte de là que l'homme a pu et dû apprendre d'abord à parler, autrement que par tradition, savoir, par le fait de la subordination logique de la Signification à la Raison. Ensuite, la Raison en ses applications s'est assujettie à la Signification.

La Raison est toujours proposition ou Jugement, puisqu'elle implique la distinction et l'union d'un sujet et d'un attribut. Donc, le plus élémentaire de ses actes comprend la position d'un substantif, d'un adjectif et d'un verbe, qui est la copule; donc aussi, la Signification et la parole supposent toujours ces trois éléments, et il est ridicule de se demander par lequel des trois ont dû commencer les hommes.

Le Jugement appartient essentiellement à la Raison, ou fonction de spécification, puisque les quantités, les causes, les termes tirés de catégories quelconques prennent constamment la forme du rapport d'espèce pour entrer dans la pensée réfléchie et dans le discours, soit exprimé, soit mental.

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