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Du second ordre de la eertltiide.
Ea liber lé eu égpard à l'erreur et à la Térlté.
I^a raison pratique.
J'ai établi les points de réalité, soit principes, soit l^énomènes constants , dont l'affirmation compose un premier ordre de certitude. Mais, si faible ou si limitée que puisse paraître l'intervention du doute possible, et par suite de la volonté, dans cet ordre, encore fallait-il en tenir compte : on a dû reconnaître que toute affirmation où la conscience se porte avec réflexion est subordonnée, dans la conscience, à la détermination même d'affirmer. Là se trouvent l'explication et Tessence du pyrrhonisme.
Un second ordre de certitude comprendra les décisions fondamentales rejetées du premier. Il sera carac* lérisé par la place plus grande que le doute, les passions et la volonté occupent dans l'établissement humain, soit individuel, soit historique de la vérité. Un grand fait y projetera son ombre : le fait de l'existence d'un domaine des erreurs, des négations, des vérités contestées, des
LA LIBERTÉ. POSITION DR LA QUESTION. iM
croyances variables , de la lutte de la conscience avec elle-même et des consciences entre elles pour Taffirmation de certains principes essentiel^.
Le principe de ces principes est la liberté- Le second ordre de certitude roule tout entier sur l'interprétation des faits de la volonté affirmative : sommes-nous libres ou sommes-nous prédestinés à croire , affirmer, nier, douter? Le problème remonte jusqu'aux vérités que nous avons posées comme les plus immédiatement certaines. En un sens, on l'a vu, il les inGrme et les suspend toutes, quoique sa solution ouvre en même temps un champ nouveau. Il fait donc l'unité de la certitude, qui, par lui, est essentiellement pratique et humaine, jusque dans la constitution des lois les plus abstraites, jusque dans l'admission des données inhérentes à la pensée universelle. Quelle est en effet celle de ces lois et de ces données qui n'ait point été mise en doute ou qui ne puisse l'être en quelque manière? Je ne rentrerai pas ici dans une discussion épuisée.
Après tout ce que j'ai dit en plusieurs lieux, et sous divers points de vue, de la probabilité d'existence d'une volonté libre, ou source de déterminations premières dans l'homme, et de l'impuissance où nous sommes néanmoins d'en obtenir une preuve de fait ou une démonstration logique, il est clair que la solution du problème ne peut plus être demandée qu'à la raison pratique. C'est une affirmation morale qu'il nous faut ; toute autre supposerait aussi celle-là. En d'autres termes, la raison pratique doit poser son propre fondement et celui de toute raison réelle, car la raison ne
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se seinde pas : la raison n'est, selon notre connaissance, autre chose que rhomme, et rhomme n'est que l'homme pratique.
Voyons donc comment la question se présente sous ce nouvel aspect.
Pour et contre la liberté, pour et contre la nécessité, s'offrent les considérations suivantes. Résumons-les , s'il se peut, sans les affaiblir.
Si c'est la nécessité qui est vraie, l'esprit trouve son repos dans la conviction de l'infaillible loi du monde. La science» qui vise à la synthèse universelle, voit s'ouvrir une carrière que nul indéterminé ne borne, ni dans les abîmes du passé , ni dans le flux indéfini de l'ave* nir. La morale, la politique et l'histoire deviennent des sciences naturelles. L'homme, vis-à^vis du passé de son espèce, doit éprouver les mêmes sentiments qu'inspirent à l'observateur les lois de la géognosie et de la paléontologie ; il doit professer pour le présent une résignation salutaire, et se tenir dans l'attente calme des choses futures. L^ioaction ne lui est pas conseillée peutêtre (et ne saurait d'ailleurs lui être imposée, car chacun obéit à sa nature), mais au moins l'intelligente soumission à l'ordre éternel, et une imperturbable indulgence pour les autres hommes , pour les criminels , pour le crime lui-même, parties et rouages de cet ordre, parties nécessaires au même titre que tout ce qui est, et que sa propre conscience. Enfin, des deux tendances qui se partagent les jugements humains, celle-là seule est alors légitime, suivant laquelle tout acte se prouve et se jus-