‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 163 sur 278 · DE LÀ THÉORIE DE LÀ NËCESSIK · texte numérisé non relu

DE LÀ THÉORIE DE LÀ NËCESSIK

tifie comme un des termes d'une série dont la loi est donnée.

Alors aussi nous avons à nous défendre contre la tendance opposée, et ce n'est point sans peine que nous y parvenons ; ce n'est jamais d'une manière durable et constante dans la vie pratique. Il est incompréhensible que, placés & notre rang dans une suite de phénomènes nécesMirement préordonnés, nous ne laissions pas d'être nécenairetnent enclins à supposer l'indétermination réelle de certains futurs , tant de la conscience que du inonde qui dépend d'elle, et cela quand même nous pensons en général que tout est nécessaire ; il est étrange que Yordre des choses se contrarie, en comprenant dans ses arrêts l'apparence invincible d'une liberté de fait et l'irréductible antagonisme des doctrines, dont les unes confirment ce même ordre en niant celte liberté, les autres le nient en la confirmant ; il est inexplicable que l'universelle loi souffre, ou plutôt réclame l'existence d'une morale naturelle humaine, qui est sa négation. Si notre ignorance de la loi des futurs fait notre illusion, comment notre illusion résiste-t-elle à la possession réfléchie de la vérité suprême, où tel de nous s'estime parvenu ? Sans doute l'astronome copernicien voit le soleil en mouvement et la terre fixe, tout comme les voyaient Aristote et Ptolémée ; mais en voyant il ne croit point, et il sait et prouve que l'apparence doit être ce qu'elle est. Au contraire, le spinoziste subit l'apparence et ne l'explique pas , et , appelé à faire œuvre d'homme et non plus seulement de philosophe, il ne

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