‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 181 sur 278 · DIVISION BINAIRE DES SCIENCES · texte numérisé non relu

DIVISION BINAIRE DES SCIENCES

sera, ni ne peut être supprimé, mais qui est et sera corrigé, ou peut l'être toujours par la généralisation des efforts individuels d'où procèdent les sciences. Tout jugement, toute observation, toute expérience se répètent; émanés d'un savant, ils sont soumis au contrôle d'un autre, et successivement de l'humanité toute entière, en tant que capable de science. Où n'est pas nécessairement et tout d'abord la vérité, là du moins est la vérification constante ou graduelle qui y supplée.

Il paraîtrait naturel de classer les sciences en raison des degrés de certitude qu'elles peuvent atteindre ; mais on voit aisément que ce principe de classification est illusoire au fond, ou du moins n'a qu'une valeur relative et passagère. Toutes les sciences, comme telles, sont également certaines ; seulement elles n'établissent point simultanément ni avec la môme facilité leurs véritables domaines et les méthodes qui leur valent une existence définitive. L'observation des faits sensibles n'est pas d'une certitude moindre que la position des faits mathématiques. Le raisonnement appliqué aux principes de la géométrie n'est pas plus probant et plus infaillible que le cours des analyses et des synthèses auxquelles sont dues la collection régulière des phénomènes de l'unh^ers et la construction des lois physiques. L'induction et la prévision, établies sur la constance des lois, persuadent aussi bien que la déduction la plus rigoureuse. Il est vrai que certaines sciences, considérées historiquement, ou dans leur mode de formation, nous offrent un amas d'inductions fausses, d'analogies

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