DES POSTULATS DE TOUTE SCIENCE
mieux les éléments [éléments de, prime-aspect, Teau, la terre, etc. ) qui sont sa matière et qu'il admet comme réels à ce titre. Le physiologiste ne sait presque rien du cerveau, du cœur, des poumons, sans l'étude séculaire des fonctions de ces organes : l'homme vivant qu'il doit analyser n'a guère d'autres caractères réels à ses yeux que ceux que découvrent les yeux d'un enfant. Et le géomètre, dont l'objet paraît plus connu dès l'origine, étant plus abstrait, ne saurait pourtant décider si Tétendue et les parties ou lois de l'étendue ont telle ou telle réalité, tant débattue entre les philosophes.
Il en est de môme des thèses de principes, axiomes ou autres jugements immédiats qui font foi indispensablemeiit dans toutes les sciences. Moins complexes que les thèses de choses, ils ne sont pas pour cela au-dessus de la critique : leur établissement régulier, leur véritable sens, leur force probante, leur portée, sont aussi les objets .d'une science possible , laquelle ici ne peul être que la science même, la critique générale. Celle-ci prime donc toutes les autres sous ce rapport, et pour toute question d'affirmation première et de méthode. Les principes n'appartiennent au premier ordre de la certitude que dans leur teneur spontanée et universelle.
Ensuite l'usage des fonctions sensibles, intellectuelles et volontaires, considéré pratiquement dans l'établissement des sciences , comporte toujours la possibilité de l'erreur, de l'erreur tantôt spontanée, tantôt suite de l'exercice de la réflexion et de la liberté. On nous dis- ' pensera de donner des exemples. De là l'inévitable introduction d'un élément d'incertitude qui n'est, ni ne