RÉDUCTION DE LA CERTITUDE, ETC
d'entre nous, et jusque dans chacun de nous, varie selon les lieux, les temps et les personnes, et n*est ainsi ni la vérité, ni l'humanité, ni un homme.
Le dogmatisme a erré, tantôt en niant l'intervention des affections et de la volonté, le rôle des croyances, tantôt en donnant à la science des caractères qui ne conviennent qu'à la foi, pour justifier nos affirmations fondamentales. On dit, on répète sans cesse que la conscience réfute les sophismes dirigés contre l'évidence du vrai et contre l'absolu du savoir. Or elle ne les réfute point, mais plutôt elle les tourne, et elle se passe de l'évidence et de l'absolu , se contentant pour vrai de ce qu'elle croit vrai. Ges sophismes, l'intelligence les sbscite et doit les subir, ils ne sont pas sophismes pour elle; et la conscience qui les tourne, pour aller à son objet malgré eux, c'est tout l'homme et non Tintelligence pure. Une force secrète, un attrait puissant, fondus dans notre nature entière, nous attachent au sentiment delà réalité et de l'ordrç. Sous celte impulsion, un irrésistible instinct nous porte, ensuite une volonté réfléchie et libre nous confirme dans cette croyance que notre vrai est le Vrai, notre bien le Bien.
Voilà donc l'homme réduit à lui - même , car la croyance n'est que lui ; et la liberté, individuelle par essence, décide de la croyance ; et l'homme dispose de soi, jusqu'à ce point d'essayer son pouvoir sur les affirmations capitales et primitives qu'on a coutume d'appeler nécessaires.
Au défaut de l'évidence immédiate ou médiate, et en présence d'une certitude ainsi réduite à l'individualité,