CONFLIT DES CONSCIENCES
on a tenté de corroborer la croyance et de l'élever à une sorte d'absolu, en la multipliant. On a cru que le consentement de tous pouvait faire foi pour chacun, et la foi commune tenir lieu d'irréfragabililé dans la certitude. Il faudrait au moins que le consentement universel existât ; or, on le chercherait vainement, passé ce peu d'affirmations que tout homme précisément embrasse d'un assez énergique instinct pour n'avoir nul besoin de s'y voir confirmer par autrui. Quel appui donner à un excédant de croyance qui ne s'étend guères moins qu'à l'ensemble des solutions affirmées ou niées de la philosophie, de la politique et de la religion ? Le consentement du grand nombre remplacera-t-il pour nous celui de tous ? Peut-être, si le grand nombre n'est pas sujet à varier ; mais lisons l'histoire des sectes, des gouvernements et des écoles ! il n'y sera besoin d'une longue élude. L'homme collectif change, commel'homme individuel change, et qu'importe qu'il employé un temps plus ou moins long à passer de la foi au doute, ou à quelque foi nouvelle 1 c'est la vie des nations. Je suis donc dispensé de me demander, et s'il est facile de tirer du grand nombre une réponse claire à une question bien posée, et si l'accumulation des unités ajoute quelque chose à la'valeur morale de chacune*
Encore une fois, l'homme est ramené à son for intérieur. Il supporterait difficilement cette condition ^ même si la conscience dans laquelle il est enfermé lui parlait hautement, irrécusablement. Mais plusieurs.