DU RELATIF ET DE L ABSOLU EN DIEU
tion ainsi élevée du sein de la loi morale, impossible à méconnaître en son caractère de simplicité et de grandeur, et dont nul abus n'est à craindre, difière profondément, et en ce qu'elle est et en ce qu'elle n'est pas, de cet autre édiflce que la scolastique enfla vainement sous le nom d'absolu ou perfection de l'être. Là les attributs de la personnalité, éliminés au fond et plus radicalement, sans retour et sans remède possible, si ce n'est inconséquent, sont remplacés par une accumulation de propriétés métaphysiques incompatibles, contradictoires en elles-mêmes. Là est véritablement l'abstraction jusqu'au degré chimérique ; là, dans l'être pur et l*essence pure, est le vide parfait de l'être et de l'essence.
J'ose donc affirmer que l'existence et le règne de Dieu prennent à ce point de vue un sens concret, positif, nonobstant l'extrême généralité de la thèse et l'indétermination expresse de certains éléments qu'on a coutume d'y joindre. J'ai dit ailleurs que l'athéisme devrait être proclamé hautement la vraie méthode et la seule rationnelle, dans la science première, s'il fallait entendre ce mot de l'exclusion des idoles : substance pure, cause substantielle, infini actuel, absolu de l'être, préétablissement de la série des choses, néant des personnes et des phénomènes. J'ai dit que le théisme et l'absolu même reparaissaient transformés dans l'idéal delà perfection morale, dans l'afiirmation du Bien comme donnée et comme loi du monde, dans la suprême hypothèse d'unordre moral réel qui enveloppe et domine Texpérience {Premier essai, § lu). Ce n'est pas que la vérita-