SO VANITE DES EXPLICATIONS
teur, il est possible aussi qu*il n^en soit rien (on ignore la fonction du courant récemment découvert entre le filet nerveux et le tube enveloppant); mais quels que soient les progrès réservés à la sciepce, dans cet ordre d'explorations, le grand problème qu'on persiste à se poser ne sera jamais que reculé : Fintervalle qui sépare la sensation conune telle d'avec les fonctions physiques d'un appareil nerveux ne se comblera point; il faudra continuer à distinguer, autant qu'à unir selon les faits, des phénomènes que ni l'espèce ni la causalité ne permettent de réduire analytiquement les uns aux autres. En ce sens, aucun fluide nerveux n'expliquera la sensibilité.
Le même genre d'illusions est à noter dans les formules qui définissent la sensation par une qualité ou un état propre des nerfs, état, qualité causés par les lois générales externes, et transmis à la conscience. Ni cette transmission» ni cette cause ne sont claires et positives. S'agit-il de fonctions physiques ou spécialement oi^aniques, on peut, on doit se proposer de les déterminer, ce qu'un énoncé vague ne fait point. Il en est de même de la quaiilé ou de Yétat propre. Si donc la formule signifie seulement que l'état quelconque des nerfs, et les fonctions extérieures, et la conscience sont choses liées dans la sensation, elle est vaine autant que vraie ; si , au contraire, on croit expliquer les phénomènes avec des termes généraux tdis que qualité, pro* priété , cause , transmission , ces termes servissent-ils même à lier des fonctions également connues' (mais
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qui seraient toujours essentiellement diverses), on se perd dans la métaphysique de la substance et des causes substantielles.
À côté des lois physiques ou chimiques, encore in* connues, dont les variations dans les appareils nerveux doivent correspondre aux espèces de la sensation, on suppose aussi quelquefois des forcet ou énergies $pé^ eialet des nerfs. S'il s'agissait ici d'une fonction orga«nique à rechercher, intermédiaire de la conscience et des lois externes, la question serait légitime. Le système nerveux peut bien avoir des propriétés vitales^ à la manière des autres organes, et d'une portée plus décisive pour les fins de l'organisme. Mais un physiologiste ne devrait pas apporter, pour l'explication d'un phénomène, un principe tout exprès et qui n'a qu'une valeur nominale : attribuer aux nerfs des énergies proprement sensorielles, des qualités dites vitales et cependant dé~ finies par de véritables sensations, couleurs, sons, etc., c'est confondre les fonctions, c'est envisager une chose dans une autre, la conscience dans le nerf, et encore une fois revenir à la fiction des substances. L'énergie ou fonction spéciale des nerfsi quelle qu'elle soit, et la conscience, sont choses qui s'ignorent mutuellement , et entre lesquelles une loi, une harmonie est donnée. De même que, sur un théâtre inférieur, les molécules organiques obéissent aux lois de leur vie propre, et ignorent les organes qui résultent de leurs communs efforts, et que, à son tour, l'organisme tout entier fonctionne, et ne possède point la représentation des rapports dont son unité se compose ; ainsi l'organisme n'a