QUESTION DU SENSORIUM COMMUNE
pas la conscience des sensations, et celte conscience ne s'étend pas davantage aux lois correspondantes de l'organisme.
Passons à la question du sensorium et de TorgaHe central. Un sen$orium peut s'entendre en deux sens : ou ce mot désigne une partie de l'organisme, spécialement nécessaire pour que des phénomènes sensibles se produisent ; ou il s'applique au $ens commun pris en lui-même, c'est-à-dire à une synthèse active des sensations. Toute autre signification est imaginaire. Or le sens commun est la conscience même, avec la mémoire, avec tous les phénomènes dont elle est le lien ; et il n^y a point là d'autre problème. Quant aux organes ou parties d'organes indispensables pour la sensation, il appartient à la biologie de les déterminer : tout indique que la question est complexe et qu'on doit distinguer, soHs ce rapport, entre les sensations de différente espèce. Dès-lors il n'existe pas de sensorium.
La conscience, comme conscience, n'a pas de lieu, quoique les rapports par lesquels elle se détermine soient liés directement ou indirectement à des lois de position. Si l'on persiste à lui assigner un siège, que ce soit du moins dans l'acception positive et définie que l'expérience autorise, et sans fixer de position propre à des phénomènes qui n'en ont aucune quand on les considère abstractivement et pour eux-mêmes. On peut dire aussi : le représentatif et le représenté sont inséparables de la représentation où ils s'unissent, et, sous ee point de vue, laissant de côté et les distinctions logi-
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ques et les conditions physiologiques, la représentation admet des sièges tout autant qu'elle en fixe à ses objets. Le représentatif occupe donc le lieu que le représenté correspondant occupe, et point d'autre. Dès-lors le siège de la conscience, quant à la sensibilité, est \h où la sensation est sentie ou rapportée. Une thèse à peu près semblable a été soutenue par d'Alembert.
Une acception rationnelle du siège de la conscience lève les difficultés (difficultés pour ne rien dire de plus), que les systèmes îdologiques trouvent dans la loi de la génération et dans celle de la divisibilité des animaux inférieurs. Il suffit que la science prenne pour premier et dernier fait, explication suprême, Tharmonie donnée entre le système des organes et l'apparition des phénomènes représentatifs : la multiplication de la conscience est alors inhérente à la multiplication des organismes, dès que ceux-ci sont complets, et de quelque manière qu'ils le deviennent. Ceci soit dît sans préjudice des lois qui pourraient déterminer les termes antécédents de la vie et de la pensée dans deux séries correspondantes.
Je n'ajouterais rien au sujet du rapport des fonctions animales avec les fonctions inférieures et du rôle du cerveau dans les phénomènes sensibles ; la question me semble élucidée : mais il faut lulter contre des préjugés très tenaces, très vulgaires, et qui sont de touç les temps. Ces préjugés appartiennent à l'enfance de la raison, dont nous ne sommes point sortis, c'est-à-dire qu'ils ont leur source dans les instincts mal réfléchis