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organiques toujours nouvelles et progressives. Celle remarque me conduit à exposer une troisième hypothèse, non moins apte que les prëcMenles à représenter les conditions physiques de l'immortalité personnelle.
Jusqu'ici la spéculation nous tenait éloignés de Texpérience actuelle ou accessible dans l'état présent des choses, bien que demeurant fidèles à l'esprit des phénomènes et à la notion de l'expérience généralement possible. Rapprochons-nous maintenant de l'observation, non pour nous confiner dans les faits acquis, où serait alors l'hypothèse? mais du moins en n'en imaginant que d'observables de leur nature et par les progrès réguliers de la science. Approfondissons hypothétiquement ce groupe de faits lalents que la bonne foi éclairée de l'observateur doit admettre dans la série des phénomènes biologiques.
Au fond, la philosophie ne saurait plus rien imaginer de nouveau sur le sujet que nous traitons, car les intérêts idéaux de l'homme, le poussant dans tous sens à travers le champ borné de ses connaissances, ont dû lui enseigner de bonne heure toutes les entrées praticables de rbypothèse. Mais, ce qui serait nouveau, c'est de régler la fantaisie elle-même par une méihode sévère, et de réduire à sa plus simple expression rationnelle le sens trop figuré des diverses conceptions palingénésiques. Des imaginations vieilles comme le monde changent de caractère, quand on les sèvre des erreurs séculaires, des faux embellissements qui les chargent et les dénaturent. Ainsi, les hypothèses dont j'ai esquissé cidessus quelques formules sont de simples transforma-
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tions de la donnée antique des transmigrations. Que devient cette donnée, lorsque nous en écartons la croyance aux âmes séparées et pérégrinantes, pour ne reconnaître que ^es phénomènes liés et intermittents? nous Tavons vu ; de même, à présent, je peux substituer à ridée des grandes intermittences celle de la continuité sensi))le des fonctions organiques, en tenant compte d*une partie cachée et supposée de ces dernières. Alors je n'admettrai point de substrat métaphysique, non plus que précédemment, mais je donnerai pour supports aux groupes et séries de phénomènes certains êtres positifs, doués d'une permanence relative, éléments nécessaires, principes radicaux des phases et métamorphoses d'êtres plus complexes qui tombent sous l'observation à laquelle eux-mêmes se sont soustraits jusqu'à ce jour. Je laisserai donc reparaître les Âmes, mais telles à peu près que l'imagination la plus naive les a suggérées à la philosophie et à la théologie qui en ont graduellement exténué, vidé le contenu, en les quintessenciant jusqu'à l'abstraction pure; non pas des essences immatérielles, mais des composés subtils, déliés, insaisissables pour des organes et pour des instruments encore trop grossiers. En un mot, je demanderai si l'organisme que nous connaissons exclut la $ub$i$tance de certains corps antérieurs et postérieurs à lui, organisés à leur manière, très petits ou relativement insensibles, qui constitueraient , pour la génération , un principe organisateur ; durant la vie , l'ensemble des éléments les plus profonds qui la soutiennent , et après elle, son but et son produit, son résidu transformé peut-