LE VRAI COMME FIN
leur, et non plus seulement du bien, alors un désir éprouvé, une fin poursuivie seront dits intéressés dans certains cas, et désintéressés, plus que désintéressés dans d'autres.
Au reste, de plus amples explications sur ce point, aussi bien que la critique des espèces du bien, appartiennent à la morale. Posons seulement ici que Tinteryention de la raison transforme les fins passionnelles de l'homme et présentée son activité des fins nouvelles. Par là, l'intérêt change de caractère. La perfection et l'imperfection ne sont plus ce que nous avons défini ; mais, au lieu de porter sur le développement de l'être, en vertu de vues spontanées et de passions quelconques, elles s'appliquent essentiellement à la réalisation d'un ordre réfléchi dans le système des représentations et des actes du ressort de la conscience. Dans cette sphère de phénomènes, le bien et le beau concordent toujours. Aussi les prend-on volontiers l'un pour l'autre quand on qualifie des actes moraux.
Le vrai est aussi une fin de l'homme, mais sous l'influence de la réflexion, sans laquelle on ne saurait même le distinguer du faux. Là où tout est vrai rien n'est \Tai, pour la conscience de l'animal, puisque rien n'est faux pour lui de ce qui lui apparaît spontanément, et que rien autre ne lui apparaît.
Il y a souvent opposition entre la fin passionnelle, morale ou non, et la vérité à connaître ou à découvrir. Aussi, dit-on que la recherche du vrai doit être désintéressée. Mais un autre intérêt, un intérêt double, et