‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 78 sur 278 · INTERVENTION DE LÀ RAISON · texte numérisé non relu

INTERVENTION DE LÀ RAISON

que degré : tout cela rentre dans le mal. Les fins, eu tant que définies par le laid, sont des objets d'aversioa avec un caractère d'innocuité.

Quoique l'intérêt le plus marqué soit caractéristique de la passion qui tend vers le bien, cette passion est souvent désintéressée. C'est alors en un sens tout différent, mais qu'il est impossible de ne pas marquer ici. Il est de fait que la conscience attache à l'être propre dont elle poursuit le développement des fins de tout genre, intellectuelles et morales aussi bien que physiques ; la passion s'y applique ; et, en outre, à cet être même elle joint des êtres qu'elle fait annexes du sien et dont les fins particiilières, toute raison à part, peuvent la toucher autant et quelquefois plus que celles qui lui seraient à elle-même agréables, utiles, nécessaires. Ce dernier cas est celui du sacrifice et du dévouement. Ainsi, les fins étant plus étroitement liées à d'autres personnes qu'à celle qui les envisage et peut-être en dispose, ou tout le contraire, cette distinction en amène une très considérable dans l'intérêt. Si l'on ne considère que la passion, l'intérêt a toujours le même principe et ne fait que se transporter, grâce à l'identité qu'une personne établit spontanément entre elle et des objets dont la réalisation semblerait d'abord lui être étrangère ou ennemie. Hais si l'on se place au point de vue moral, si l'on a égard à la raison qui explique une telle assimilation, ou de telles préférences, à la réflexion comparative des fins de divers ordres, à. la volonté délibérante, dont le but est l'accomplissement du meil-

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