‹ Essais de critique générale (volume 4)Chapitre 123 sur 193 · D*UNB PRÉTENDUE HIÉRARCHIE DES SCIENCES · texte numérisé non relu

D*UNB PRÉTENDUE HIÉRARCHIE DES SCIENCES

faits observés.^ 41ors, ni Tastronomie ne parait postérieure à la géométrie, ni peut-être la physique à l'astronomie, ni surtout la biologie et la sociologie aux sciences précédentes. Les plus anciens philosophes ont mené de front toutes les connaissances. Séparons-les, pourrons-nous dire qu'Aristote était moins positivement instruit des lois biologiques que des lois physiques, et des lois de la société que de celles de la vie? C'est le contraire qui est le vrai. Mais on veut parler de la constitution rationnelle définitive de chaque science. Là on croit voir la hiérarchie se manifester historiquement. A ce compte, nous savons bien que les sciences dont l'objet est le plus abstrait ont dû se constituer les premières. Quelques autres ont suivi, à deux mille ans d'intervalle, la.plupart, selon que les applications mathématiques s'y trouvaient plus faciles et plus directes, ou que s'étendaient l'esprit et les moyens d'observation et se perfectionnait l'art de l'expérience. On ne voit point que la découverte des lois morales et politiques puisse être rangée sérieusement dans cette série.

La hiérarchie des sciences aurait une grande valeur, assurément, si toutes les lois de la connaissance se déroulaient, comme d'un principe commun et dans une suite régulière, unique, depuis les abstractions mathématiques, en passant par la mécanique céleste, jusqu'aux phénomènes physico-chimiques, et aux actions vitales, morales, sociales. Ce fut, comme on sait, le ïéve de Saint-Simon, à une époque de sa pensée organisatrice (il en eut trois bien distinctes], de ramener i tous les phénomènes possibles, et de tout ordre, à la loi

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de la gravitation universelle qui, poursuivie jusqu'à ses dernières ramifications, aurait mis les savants en état de prévoir et de diriger les faits de la vie et de la société, sans exception. L'élève de Saint-Simon, fondateur de la Philosophie positive, n'est jamais allé si loin, sans doute; il a môme déclaré que, dans sa profonde conviction personnelle, il considérait ces entreprises d'explication universelle de tous les phénomèm par une loi unique comme évidemmefit chimériquei, même quand elles sont tentées par les intelligences Ut plus compétentes. Mais il a ajouté quelques lignes plus bas que si on pouvait espérer de parvenir à cette p«^ fection scientifique , ce ne pouvait être, suivant lui, qu'en rattachant tous les phénomènes naturels à la /ot positive la plus générale que nous connaissions, la loi de la gravitation ; et il a nommé expressément F ensemble des phénomènes physiologiques parmi ceux qui seraient à rattacher de celle manière. La tentative ne lui semblait donc pas absurde en principe, et effectivement que trouvait-il à y reprendre? Un vice radical intrinsèque? Non, mais seulement une aspiration témirairc, soit à jamais, soit du moins quant à présent et vîi l'état présent de nos connaissances (T. i. p. 53-56'. On comprend d'après cela que ce but, que la Philosophie positive renonce à poursuivre de fait, elle peut cependant le poser, et jusqu'à un certain point le supposer atteint, par sa méthode, par sa classification, par ses tendances. C'est ce qu'elle fait, en donnant aux lois mathématiques de la nature abstraite la prééminence de tous les phénomènes, en faisant dépendre de proche

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