‹ Essais de critique générale (volume 4)Chapitre 167 sur 193 · DU RELATIF ET DE L*ABSOLD EN DIEU · texte numérisé non relu

DU RELATIF ET DE L*ABSOLD EN DIEU

tion ainsi élevée du sein de la loi morale, impossible à méconnaître en son caractère de simplicité et de grandeur, et dont nul abus n'est à craindre, diffère profondément, et en ce qu'elle est et en ce qu'elle n'est pas, de cet autre édifice que la scolastique enfla yainemenl sous le nom d'absolu ou perfection de l'être. Là les attributs de la personnalité, éliminés au fond et plus radi* calement, sans retour et sans remède possible, si ce n'est inconséquent, sont remplacés par une accumulation de propriétés métaphysiques incompatibles, contradictoires en elles-mêmes. Là est véritablement l'abstraclioû jusqu'au degré chimérique ; là, dans l'être pur et l'essence pure, est le vide parfait de l'être et de l'essence.

J'ose donc aflirmer que l'existence et le règne de Dieu prennent à ce point de vue un sens concret, positif, nonobstant l'extrême généralité de la thèse et l'indétermination expresse de certains éléments qu'on a coutume d'y joindre. J'ai dit ailleurs que l'athéisme devrait être proclamé hautement la vraie méthode et la seule rationnelle, dans la science première, s'il fallait entendre ce mot de l'exclusion des idoles : substance pure, cause substantielle, infini actuel, absolu de l'être, préétablissement de la série des choses, néant des personnes et des phénomènes. J'ai dit que le théisme et l'absolu même reparaissaient transformés dans Tidéal delà perfection morale, dans raffirmation du Bien comme donnée et comme loi du monde, dans la suprême hypothèse d'unordre moral réel qui enveloppe ni domine l'expérience {Premier mai, § lu). Ce n'est pas que la vérita-

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