‹ Essais de critique générale (volume 4)Chapitre 174 sur 193 · ET LSS AMES MATÉRIELLES · texte numérisé non relu

ET LSS AMES MATÉRIELLES

être, et appelé sur un théâtre inconnu à poser le fondement d'une autre existence personnelle?

Si cette hypothèse avait pour objet l'établissement d'une théorie de l'organisation et de la vie, on y objecterait avec juste raison que ce n'est là que reculer stérilement les problèmes. Et pourtant réussissent-*ils à rien de plus les nombreux physiologistes qui produi* sent sans scrupule leurs force$ organisantes générales ou spéciales? Sont-ils même plus avancés que ces docteurs de l'École, toujours ridicules et toujours imités, dont les savantes élaboralions ramenaient la dormitivité àla vertu dormitive qui fait dormir? Mais nous ne prétendons rien expliquer, nous ne voulons que nous mettre en face des suppositions plus ou moins vraisemblables à l'aide desquelles on peut se représenter la conservation de la personnalité; et nous y parvenons plus naturellement, plus intelligiblement aussi, par le rapport supposé de certains êtres latents avec ceux qui se développent sous nos yeux, que l'on n'a jamais pu le faire à grand renfort de constructions abstraites, causes pures, forces pures, esprits purs.

Dès-lors nous pouvons nous prévaloir, pourjortifier notre hypothèse, de toutes les hypothèses différentes qui ont placé quelque chose sous l'organisme, et qui n'embrassent guère moins que l'ensemble des théories sur ce sujet. Seulement nous considérons des êtres, et des êtres réels, déterminés pour eux-mêmes et à déterminer pour nous, des groupes de phénomènes sous des lois positives, quoique inconnues, au lieu de ces substrats

662 LK DBVELOPPKMBNT CONTINU

et de ces causes yagues que, pour définition unique, od déclarait capables d'expliquer tout ce dont l'explication était requise. Le mobile auquel nous obéissons est le même qui a fait imaginer les âmes appropriées aui fonctions diverses, nutritive, sensitive, motrice, irascible, appétitive, rationnelle, les formes substantielles, les natures plastiques, l'âme stahlienne, le principe vital, et toutes ces forces que le matérialisme lui-même n'a pu s'empêcher de poser à l'origine et au fond des propriétés des êtres vivants. L'animisme n'est pas loin d'accorder tous les caractères d'un être véritable et complet à l'âme qui a charge de faire vivre le corps ; et la métaphysique luj en fait un reproche. Enfin, Cabanis arrive au vrai sens de l'hypothèse, à l'idée qui satisfait la science et la désintéresse, quant à présent, en lui ouvrant carrière pour l'avenir, lorsqu'après s'être demandé laquelle des deux opinions est la plus probable, de la mortalité ou de la permanence du principe de personnalité, il donne cette conclusion.

« Toutes les considérations ci-dessus réunies nous conduisent naturellement à regarder le principe vital. ou Tensprable de toute la sensibilité dont est animé le corps vivant, non comme le résultat de l'action des parties , ou comme une propriété particulière attachée à la combinaison animale, mais comme une substance, un être réel qui, par sa présence, imprime aux organes tous les mouvements dont se composent leurs fonctions, qui retient liés entre eux les divers éléments employés par la natu^Q dftn^ leur composition régulière.

Page 1