‹ Essais de critique générale (volume 4)Chapitre 173 sur 193 · LE DÉVSLOPPSNKNT CONTINU, ETC · texte numérisé non relu

LE DÉVSLOPPSNKNT CONTINU, ETC

organiques toujours nouvelles et progressives. Cetle remarque me conduit à exposer une troisième hypothèse, non moins apte que les précMentes à représenter les conditions physiques de Timmortalité personnelle.

Jusqu'ici la spéculation nous tenait éloignés de Texpérience actuelle ou accessible dans Télat présent des choses, bien que demeurant fidèles à Tesprit des phénomènes et à la notion de Texpérience généralement possible. Rapprochons-nous maintenant de l'observation, non pour nous confiner dans les faits acquis, oh serait alors rbypothèse? mais du moins en n'en imaginant que d'observables de leur nature et par les progrès réguliers de la science. Approfondissons hypothétiquementce groupe de faits latents que la bonne foi éclairée de l'observateur doit admettre dans la série des phéno^ mènes biologiques.

Au fond, la philosophie ne saurait plus rien imaginer de nouveau sur le sujet que nous traitons, car les inté-» rets idéaux de l'homme, le poussant dans tous sens & travers le champ borné de ses connaissances, ont dû lui enseigner de bonne heure toutes les entrées pratica* blés de l'hypothèse. Mais, ce qui serait nouveau, c'est de régler la fantaisieelle-méme par une méihode sévère^ et de réduire à sa plus simple expression rationnelle le sens trop figuré des diverses conceptions palingénési-ques. Des imaginations vieilles comme le monde chan* gent de caractère, quand on les sèvre des erreurs séculaires, des faux embellissements qui les chargent et les dénaturent. Ainsi, les hypothèses dont j'ai esquissé cidessus quelques formules sont de simples transforma-

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lions de la donnée antique des transmigrations. Que devient cette donnée, lorsque nous en écartons la croyance aux âmes séparées et pérégrinantes, pour ne reconnaître que des phénomènes liés et intermittents? nous l'avons vu ; de même, à présent, je peux substituer h ridée des grandes intermittences celle de la continuité sensible des fonctions oi^aniques, en tenant compte d'une partie cachée et supposée de ces dernières. Alors je n'admettrai point de substrat métaphysique, non plus que précédemment, mais je donnerai pour supports aux groupes et séries de phénomènes certains êtres positiUs, doués d'une permanence relative, éléments nécessaires, principes radicaux des phases et métamorphoses d'êtres plus complexes qui tombent sous l'observation à laquelle eux-mêmes se sont soustraits jusqu'à ce jour. Je laisserai donc reparaître les âmes, mais telles à peu près que l'imagination la plus naïve les a suggérées à la philosophie et à la théologie qui en ont graduellement exténué, vidé le contenu, en les quintessencianl jusqu'à rabstractionpure; non pas des essences immatérielles, mais des composés subtils, déliés, insaisissables pour des organes et pour des instruments encore trop grossiers. En un mot, je demanderai si l'organisme que nous connaissons exclut la subsistance de certains corps antérieurs et postérieurs à lui, organisés à leur manière, très petits ou relativement insensibles, qui constitueraient , pour la génération , un principe organisateur; durant la vie, l'ensemble des éléments les plus profonds qui la soutiennent, et après elle, son but et son produit, son résidu transformé peut-

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