DOUTE, CROTÂNCB, CERTITUDE MORALE
compte dans l'analyse de rhomme complet et des élé- Bents inhérents à la certitude. Oserait-on dire en effet |ue la certitude n'a pas besoin d'être réfléchie?
En résuofié, nous distinguons dans la constitution de La certitude, outre l'apparence intellectuelle, deux forces iont nous ne séparons pas celte apparence : la force qui pousse à affirmer, et celle qui se fait sciemment affirmative, la passion et la volonté. Celte dernière , si nous acceptions l'hypothèse de la nécessité, manquerait de réalité au fond, mais la place en serait occupée par le fait capital de la diversité des doctrines et des opinions dans tous les temps, et dans le développement d'une même conscience. Ainsi la certitude ne pourrait point se constituer universellement, soit à part des convictions propres de chacun. Dans l'hypothèse de la liberté, c'est à la liberté qu'il appartient de poser le fondement de la certitude.
Le signe radical de la volonté, la marque essentielle de ce développement achevé qui fait l'homme capable de spéculation sur toutes choses, et l'élève à sa dignité d'être indépendant et autonome, c'est la possibilité du doute. Aussi n'est-il pas étonnant que l'homme éclairé et cultivé se distingue beaucoup plus par les points de jugement où il se laisse aborder au doute, et convient de son ignorance, que par cent où il possède une assurance imperturbable. Au contraire l'ignorant doute peu, le sot encore moins, et le fou jamais. Le monde serait bien différent de ce qu'il est, si la plupart des hommes savaient douter : on ne les verrait pas, esclaves
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de leurs habitudes et de leurs préjugés, ne s*y traire le plus souvent que pour subir le pouvoir de \% magination, et s'éblouir des prestiges que la force on réloquence de quelques-uns sont en possession d'opérer.
La certitude n'est donc pas et ne peut pas être n absolu. Elle est, ce qu'on a trop souvent oublié, un tel et un acte de l'homme : non pas un acte et un étatob il saisisse immédiatement ce qui ne saurait être immédiat, c'est-à-dire des faits et des lois extérieurs ou supérieurs à l'expérience actuelle , mais bien où il pose n \ conscience telle qu'elle est et qu'il la soutient. A pnh ^ prement parler, il n'y a pas de certitude; il y a seule- « ment des hommes certains. Ce devrait être une maxina < universellement reçue que tout ce qui e$t dans la cour science est relatif à la conscience; et puisqu'une vérité si simple a été implicitement niée par les philosophes, sans invoquer à l'appui tant d'arguments, celui qui h voudra considérer en face y trouvera de toutes les raisons la plus forte pour rejeter le dogmatisme de l'évidence et de l'entendement pur.
L'homme , par rapport à l'objet quelconque de si pensée, est certain, s'il le comprend de toute l'étendue de son intelligence, et se sent porté par un instinct puissant, animé d'une volonté immuable en l'afTirmant, et se complaît dans cette affirmation, entièrement et sans réserve. Maintenant serait-il possible que la chose ainsi aimée, comprise et voulue de toutes les forces de la conscience n'existât point comme la conscience la poseî Oui, dira le savoir, oui, à l'extrême rigueur et dans