DOOTB, CROYANCE, CERTITUDE MORALE
contradictoire, car il faudrait penser que peut-être on ne pense pas ce qu'on pense, ce qui est précisément le penser. Si jusqu'ici je n'ai pas fait mention de ce type premier et irréfragable de l'évidence, je l'ai constamment supposé ; mais je ne devais pas lui donner le nom de certitude, car il est le refuge de ceux qui n'en admettent aucune : les sceptiques. Au-delà de ce point prédi et très étroit de la conscience, qui est le phainetai dm pyrrhoniens, commence l'application du jugement ain réalités de l'imagination et de la mémoire, aux lois universelles de la raison et aux êtres de l'univers : c'est le véritable champ de la certitude. Là aussi le doute spéculatif commence pour se prolonger, en se marquant de plus en plus, dans le domaine de la science eldei sciences, et à travers toutes les théories dont la portée, dépassant l'expérience actuelle , embrasse à la fin un ordre de nos affirmations où le cercle entier de l'analjie et de la synthèse ne peut jamais être parcouru.
La certitude est éminemment une assiette morale, con? clusion hardie, mais jusliûée par tout ce qui précède. Il nous reste à considérer celle assiette de plus près, et dans son rapport avec la liberté ; à définir l'appui qu'elle trouve, hors de la conscience individuelle, dans le témoignage constant de l'humanité; à déterminer les classes d'objets oii elle s'établit, selon la nature des jugements portés et des étals intellectuels ou passionnels qui motivent ces jugements, enfin à distinguer ce moment qt cette limite où, des degrés venant à s'y marquer n(;ltom(MU, la certitude n'est plus certitude, mais probabilité.