PRÉFACE
La pensée d'une critique générale des connaissances est facile a comprendre et à justifier. Il est naturel, inévitable même, que l'homme se propose l'analyse et la coordination des principes du savoir en général , et de ceux que les sciences constituées placent dans leurs fondements sans se les expliquer. Les principes sont de certaines relations qui se trouvent engagées dans plusieurs, et que Ton ne parvient pas à réduire entièrement à d'autres.
En même temps que ce plan d'une science première est conçu , on se demande si un principe unique , supérieur , existe, commencement et condition de toute spéculation , et quel il est, et par quelle méthode on pourrait l'établir et en développer le contenu. On se demande si la science peut se terminer, et embrasser le monde, en assignant l'origine, le tout et la fin de ce qui est.
Ces questions renferment tout ce qu'on nomme philosophie. La critique les pose et les scrute. On est en suspicion contre une philosophie divisée, aux évolutions périodiques, qui compte deux mille ans d'impuissance. On n'opposera jamais raisonnablement une fin de non-recevoir i la critique.