‹ Essais de critique généraleChapitre 3 sur 139 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

Elle s'inspire de l'esprit de la science ; elle est cet esprit même. Elle n'est pas une théologie, une cosmogonie , un système de l'univers en soi* Elle n'a rien de cette ancienne métaphysique dont les poursuivants pénètrent la substance, mesurent l'infini , construisent l'absolu , affirment les contradictoires et ne 6e croient pas tenus d'entendre leurs propres hypothèses.

Si la philosophie avait ainsi procédé, si elle ne s'était pas créé des religions, si elle n'en avait pas suivi, si jamais elle n'avait été dominée par la passion de savoir au delà du possible et d'atteindre comme évidents de simples objets de croyance, quelquefois légitimes , plus souvent arbitraires , et qu'elle faisait chimériques en les touchant , ses annales constateraient un progrès régulier, une influence croissante, et l'émancipation de la raison du peuple aurait été avancée de plusieurs siècles.

Au contraire, dans le cas où un esprit positif n'aurait pu démêler, parmi les méthodes prétendues et les dogmes opposés des philosophes , l'analyse imparfaite d'un problème impérieusement posé, les germes d'une science des sciences, il ne parait pas douteux que la philosophie eût enfin succombé sous le mépris des hommes qui savent , qui savent au moins penser.

C'est à peine si , la philosophie existe encore. Là où la science est représentée et poursuit son œuvre infatigable , je ne vois plus rien qu'empirisme ; cependant l'expérience a ses lois et ses principes dont on n'est pas dispensé de produire l'analyse et la preuve. Là où des principes ont une existence officielle , dans les rangs de ces philosophes que la science traite d'ignorants, je ne trouve ni méthode claire et suivie, ni bonne foi, ni rigueur. Qui sait seulement poser correctement un problème ? Le soi-disant rationalisme , en

MiÉFACe. VU

France du moins, emprunte ses dogmes aux traditions théologiques, passées à l'état de hautes convenances ; il a peur de la logique, et ne s'en cache pas, et on le soupçonne de n'avoir pas une foi très ferme dans les nobles objets de sa rhétorique usuelle. Ailleurs, je ne sais pourquoi les systèmes qui se disputent l'attention du public lettré auraient plus de valeur qu'on n'en accorde à ceux des philosophes plus an* ciens , dont ils offrent des reproductions diversement falsifiées.

Le» partisans de l'autorité sont hors de cause. L'autorité doit-elle se fonder sur la raison ? donnons-lui son vrai titre, et ne cherchons pas ici plutôt que là son siège inébranlable. A-t-elle sa sanction dans la tradition ? alors , où sera la sanction de celle-ci, aujourd'hui plus que jamais ébranlée , divisée , niée? Si l'autorité ne s'appuie que sur elle-même en s'affirmant , encore faut-il qu'elle existe ; et dès qu'elle n'existe point par tradition ou par raison, c'est donc par la force ou par la foi. Mais il n'y a jamais eu ni force ni foi suffisantes. Aujourd'hui la force est une tentative ; la foi, indigne de ce nom, velléité chez plusieurs, fanatisme chefc quelques-uns ; et souvenons-nous que la rage est un attrw but des faibles.

L'incertitude et le désordre des opinions sont extrêmes dans la société, et se révèlent dans la conversation, comme dans lé journalisme , qui est la conversation agrandie. La discussion tend à s'établir sur le champ demeuré libre , et plus vaste qu'on ne paraît le croire ; mais les principes de la discussion manquent. On les cherche sans méthode , on les affirme comme au hasard, ou même on les invoque sans les reconnaître. Gomment une question serait-elle jamais résolue, quand jamais une question n'est posée? Et peut-on s'entendre avant d'être convenus d'une langue?

ira PttéFAce,

Il appartiendrait à. lai critique génacale 4' ordonner le$ éléments d'une grammaire et (L'un, dictionnaire universels propres iremplkGBV tas livres, usés <tf* déchirés qu épelèreat, tes siècle* précédants* Le temps est wpt* d'éftjQUcer à uoifc» neau les problème*, dîen éclaira* ta> terws, en cowmeafrint par les, pomiflisy et da raraeaar les esprits au food de eetlte» mme* cfi* la mérité rafonaelle , <pii peut hiea paraître épuisée*, non» fal a'» jamais été régnlîàffemMt exploitée^

Si le résultat de la critique est de formuler une méthode, me legiqae àéÊm&omml mçmm» cîesfc taenmug » c'est peesqua as»» pour la srieaea. Sa eett* tegjbcpi<* posa lira frète kfiranohiswfck» sua pséteatioas ch* onkpws, du savait t ki Monte établi» ratiramettenimt est vérité v sëieoee* g le» eoas&pieneeg en sont graadesk fi'aàltatws» la critique oa sfaevtto peseà sîerfttala saison daBurateetwa, Le* ppa* kefeîtfeé* commenseat quand Ibîsaenà tas» preavea* ta&ut* eenaa&èfrl'or&e di* monde appariMMOtt 4 lft spéculatif conjecturale, en ton* comme «a chtaaolagro et w histoire-, s B est <te ta nature* de» l'homme d'exiger f uelque chose» au dblà, etdewulQir à tuata farce «wd, lieà il n'atwait, priât ki juste eorâaaea de «ara? mtMMÉi , m peuL-4tre> jamais. Je le pense du moins. Hais en présence, d'yW)CrUic|i*9 v «* d'aaa amenée qui aa se débraîta pa& de ses en éternité» édifiées d& chimères» l'hammft aura que meimmm part s'éleadra waLctasea que lato* gkjiw a atteèat poiat atffiafttivemfliit» et uoa jusqu'à celles f&'db dédara eoeÉndîcteires. La entiçuç eoatimik à cet égaré va pmeip* dto rapteca anc la passée tocaqiw la phir taw^ifcàjhrttakdei tianswadapca et d'kyfMHm^priNofiQ avec te théetagift, Ferire préleada latkiMiei,, p^ giU» ipuaTovéra iaj«tiqaa, d© pouvait aurrir à celui-ci dq garde-fou ; # apate ta /bue »«^

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'^d^àte^ëèt le plus,lA1lcl^cri*ï«e <*Mfti. 'Il fut, duwnÉt 'W^tm^èble^r VAgoW^tfeéMs , 'cer^ Bew*rtes*e 'SéAfefttn titane d^lhmtgM,

1 Me* prùtëstàtfcm ViV&ite' ft>*tre? la- science prétead» , I'm* ^îîfeàtïtti du nWritfe. *Mah'*ïii IMfti ni rentre, ià ces deux "éràndè^ époqtfe^'de te'p^sqphie, iWpufcfafciiiaaritfaaé*, W réduite le dô^atiSMeTà ftHrité^irte^kim,' ou laisser • *àpfte'sôî,,df autre1 réprfeetitttnt ^'totâ«i^«(pe<4e»Bccpti- "i5$fie. ' Bé^^ce^uè» ^trtît^^le» tout ,< et'6ste*tk>Ument ^fonfe^Kries , èf «hirf'WflVreAt la Mtfrito» flumystiaona , fût-ce le plus irratioflftèlèt teptosmrbitrlifre. ^kaiit'ii^âè^Mép^d^b^d^Vrtr^ied^ réuni /Sonflremîë^df&iple fet eohtfcillitteur , Malgré» Féflèfgie môtaphy- ^iqilëTd6iit;(if Mt'^ëtave / s'êxtttvifâe tafrs des "Kraiteaidu 1 bën sStis. Crf a utte est 'démenti pai^laî iifctttfecdonMl révète 'la ^ilô$o^hie;nôn moms que ]^ttr la ttîèthodeiqu ik^voue. %:V<ffsiêiAe' idefltifle^le'mBrfâtflrted ftajpwtule l'homme ,

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