‹ Essais de critique généraleChapitre 25 sur 139 · PREUVE QUANT AUX FAITS REPRÉSENTÉS · texte numérisé non relu

PREUVE QUANT AUX FAITS REPRÉSENTÉS

divisibles et continus, nous concluons : le mouvement n'est pas quelque chose en soi.

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Suite. — Preuve quant aux représentée quelconques son» des conditions d'espace et de temps.

Puisque ni le temps, ni l'espace ne sont choses en soi , nul représenté, non plus , ne l'ett en tant que donné sous des conditions de temps ou d'espace. C'est donc à d'autres caractères de la représentation que la chose en soi se fera reconnaître, si elle est.

Je trouve d'abord parmi les représentés sous des conditions d'espace et de temps les qualités sensibles, qualités secondes, qualités premières de la matière, ainsi qu'on les nomme : odeurs, saveurs, sons, couleurs, degrés de chaleur ou de froid, etc.; impénétrabilité ou résistance.

Les qualités secondes réduites à leur spécificité stricte , c'est-à-dire abstraction faite de l'étendue et du mouvement, se trouvent si difficiles à saisir et à dénombrer, varient tellement à la suite des rapports divers qui s'attachent à leur représentation, qu'on a dû renoncer à les prendre non seulement pour des choses en soi, mais môme pour les attributs fixes de certaines de ces choses. En un mot, toutes relations ôtées, il ne reste rien de déterminé et de constant dans les qualités secondes, j'entends hors des représentations elles-mêmes.

Les qualités premières des philosophes et des physi-

ciens sont au nombre de deux seulement : l'étendue dont nous avons assez parlé et l'impénétrabilité. Celleci peut s'envisager de deux manières : proposée à l'imagination comme une sorte de congélation de l'espace, c'est-à-dire de certaines de ses. parties, elle ne saurait non plus que lui constituer de chose en soi, nous l'avons reconnu à l'article matière; mais la notion de résistance sans laquelle l'impénétrabilité ne se comprend pas bieft est un peu moins simple.

S'il est vrai que la résistance suppose quelque chose en soi , nous devons,, pour trouver cette chose, foire abstraction : 1° de sa représentation dans l'espace, en la concentrant en un point mathématique pour éviter les difficultés insolubles attachées à la divisibilité; 2° de sa représentation sous quelque autre forme sensible, et notamment par le toucher (soit la dureté), parce que cette impression, variable et relative comme les qualités secondes , ne nous donne rien en dehors des phénomènes très complexes dont elle fait partie. Que nous reste-t-H de la résistance, une fois ces éliminations faites? Il nous reste encore un représenté,

la force.

Mais qu'est-ce que la force? Toute cause propre à altérer l'état de repos ou de mouvement d'un corps est une force* Plus généralement la force est ce quelque chose d'indéfinissable que chacun connaît par sa conscience. Or, il nous faut encore ici supprimer tous les caractères tirés de cette matière et de ce mouvement qui n'ont rien à démêler avec la chose en soi, et nous voilà réduits à la cause et à la force notions repré-

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