XIII
Preuve quant aux faits de l'ordre représentatif.
Nous avons admis pour cette analyse deux sortes d'objets de la représentation , et cela suivant les partisans de cette chose en soi que nous poursuivions : les uns (représentés proprement dits), qui tout d'abord
semblent s'offrir à la représentation comme existante pleinement à part d'elle et sans elle; les autres (plutôt représentatifs) , qui ne peuvent subsister , continuer d'apparaître aussitôt qu'on les en sépare.
Les premiers de ces objets sont l'espace ou le temps même , ou s'y rapportent ; nous avons reconnu que nous ne pouvions sans contradiction les poser comme choses en soi. Les suivants ne sont étrangers non plus ni au temps, ni à l'espace, maie ils s'en laissent abstraire, et s'offrent à nous alors comme les éléments formels de la représentation pure. Il s'agit de savoir si , considérés à leur tour comme des représentés (grâce au redoublement qui est le caractère propre à la représentation ), ils nous révéleront enfin l'existence et la nature de la chose en soi.
Afin de poursuivre ici mon analyse , je suis obligé de diviser et de classer les représentations , ce qui s'appelle en langage reçu faire une psychologie. Mais cette classification sera de ma part tout empirique ; elle me suffira et me sera d'un usage irréprochable s'il est vrai que par le fait aucun philosophe n'a proposé de chose en soi de l'ordre représentatif qui ne se rapporte à quelqu'une ou à plusieurs de mes divisions. C'est de quoi il sera facile de juger.
Je distinguerai donc dans la représentation, abstraction faite de tout représenté dans l'espace, les principaux attributs suivants, quoique étroitement unis les uns aux autres selon l'expérience.
1° L'attribut intelleclif qui est la représentation représentative, proprement dite, ou sous lequel elle