‹ Essais de critique généraleChapitre 28 sur 139 · PREUVE QUANT AUX FAITS RBFRÉSENTATIFS · texte numérisé non relu

PREUVE QUANT AUX FAITS RBFRÉSENTATIFS

se représente elle-même à soi, ou ses représentés; elle est dite alors, en divers sens, perception, conscience * jugement, entendement, etc., et ses objets sont les rapports diversement nommés choses , images, idées ^ principes , notions, etc.

2° L'attribut actif qui est la représentation considérée comme productive ou d'elle-même , ou de quelque représenté. On la nomme alors, cause, force, effort, volonté, etc. La force est quelque chose d'éminemment représentatif selon la définition de ce dernier mot, caf, si Ton essaie de l'envisager autrement qu'avec la conscience d'elle-même, par exemple dans l'espace, on ne tarde pas à reconnaître qu'il n'en reste rien de directement représentable, sauf les effets.

3° L'attribut affectif auquel la représentation doit les noms de plaisir, peine* attrait , répulsion , passion, etc., tous dénués de sens s'ils ne s'appliquent à elle représentativement , quoique relatifs d'ailleurs à des représentés.

Ces divisions posées, clous remarquerons que ce n'est point dans les forces particulières ou dans les passions particulières qu'on peut trouver des choses en soi : il est trop manifeste que ces représentations sont relatives à d'autres de même ordre et d ordre différent et s'évanouissent aussitôt qu'on les met à part de leurs relations. Nous devons en dire autant des idées particulières.

Restent les idées générales ; mais alors même que les partisans des genres en soi seraient parvenus à

expliquer les rapports de ces genres entre eux et avec les représentations particulières , et c'est à quoi tous leurs efforts ont échoué, il faudrait encore que l'on pensât quelque chose en pensant à une idée générale . abstraction faite de tous rapports : alors seulement elle pourrait passer pour une chose en soi. Je m'arrêterai tout à l'heure sur certaines de ces idées.

Voici le moment de prononcer un grand mot , le mot substance. On a nommé la chose en soi substance (de sub stare), parce qu'elle est, dit-on, sous les phénomènes : elle n'est rien qui paraisse, elle est le support de tout ce qui parait.

On a donc pris pour substance, d'une manière absolue, ce qui pense; on a pris ou pu prendre encore - ce qui veut, ou ce qui aime; on a pris, d'une manière composée, ce qui a force, appétit, et perception en soi. Nous n'entrerons pas ici dans le détail des systèmes ; opposons seulement aux défenseurs de la substance leurs propres aveux.

Premier aveu : la substance n'est connue que par son attribut; dans ce qui pense, par exemple, le connu est l'adjectif qui pense, et le ce demeure ignoré. Si substance et chose en soi sont synonymes, on peut dire que rien en soi n'est connu non plus que rien de connu n'est en soi. L'unique définition de ce singulier ce, pronom général de la substance , est d'être indéfinissable, définition tout à fait insuffisante. Quant au support,^ la nécessité alléguéed'un support, je ne vois là qu'une comparaison; encore se retourne-t-elle contre ses auteurs , attendu que les sujets, substan-

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