‹ Essais de critique généraleChapitre 37 sur 139 · PRINCIPE DU RELATIF · texte numérisé non relu

PRINCIPE DU RELATIF

sujet d'analyse ; or, l'analyse sépare d'un composé des éléments relativement simples, et non absolument, parce que nul des éléments séparés n'est représentable sans condition et à part de tout autre : si bien que dans chaque partie on peut toujours retrouver un tout.

La nature composée des phénomènes est évidente s'il s'agit des représentés proprement dits , car , l'espace, le temps, la matière et le mouvement qu'on dit être ou leur essence même ou leurs conditions générales d'existence ont toujours été regardés comme des synthèses, et, de fait, se définissent explicativement par des analyses.

Passons au représentatif. Personne assurément ne proposera comme simples les phënoftènes désignés par les noms de mémoire, de comparaison, de jugement, de raisonnement, etc. ; il est trop clair que toute opération intellective , même en ne tenant nul compte de l'objet, renferme plusieurs éléments, et, par exemple, elles impliquent toutes le sentiment avec la conscience. Nous en dirons autant des phénomènes affectifs et des . phénomènes volitifs. La conscience, du moins, sera-telle un phénomène simple ? Nous ne le dirions même pas alors que nous admettrions une substance du moi, car encore faudrait-il que la conscience se trouvât rapportée à cette substance qui ne saurait jamais nous être proprement donnée ; mais on avoue que rapporter à la substance n'est rien de plus que rapporter aux attributs et modes de la substance. Celui qui n'admet que des phénomènes doit conclure à plus forte raison,

et regarder comme le plus complexe de tous les phénomènes représentatifs cette conscience dont la fonction est de rapporter une représentation à un grand nombre d'autres représentations agglomérées.

Les sensations les plus simples, si elles sont accompagnées d'aperception , rentrent dans le cas précédent; sinon, supposées sans conscience, elles sont de véritables représentés dans le temps ou dansl'espace, et composées à ce titre : une couleur a de l'étendue; un son, de la durée , etc. Dira-t-on que le rouge, en tant que rouge, n'est pas étendu? Il est vrai que l'abstraction peut se faire et se fait effectivement; mais qu'on essaie de se représenter le rouge sans superficie aucune ! L'analyse qui distingue deux phénomènes liés ne fait pas que leur synthèse ne soit inévitable.

Enfin, voulons-nous chercher les phénomènes simples dans ces sujets éminents du mode représentatif, qu'on appelle idées générales, formes essentielles de l'entendement , concepts, catégories, etc.? La thèse n'est soutenable à aucun point de vue. En effet, si les idées générales sont obtenues par voie de généralisation après expérience préalable, elles se trouvent relatives, de fait, aux idées particulières dont elles sont des synthèses. Si on les suppose innées, données à priori (je n'aperçois qu'une différence puérile entre ces deux hypothèses tant débattues), les mêmes relations ne laissent pas de leur incomber ; et de quelque façon qu'on se rendre compte de ces dernières, il est constant qu'on ne saurait faire abstraction de toutes

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