LOI DE SUCCESSION
en se composant d'éléments rectilignes eux-mêmes ; ainsi va la durée d'un instant, à l'autre, sans s'écarter, sans se prêter à différentes figures : toute la différence gît dans la substitution de la successivité à l'extériorité. De là vient que la catégorie de succession n'est pas le sujet d'une science propre, d'une science analogue à la géométrie. Mais l'étude des phénomènes combinés de Fétendue et de la durée, dans la catégorie du devenir, ouvre une longue série de spéculations nouvelles que nous aborderons plus loin.
La possibilité de déterminer, d'une manière générale et abstraite, les fonctions numériques des parties de l'étendue tien ta la varié té des lois de génération delà figure à partir d'un point quelconque. C'est sur ce fondement que nous établissons la mesure des lignes en laissant l'unité indéterminée. S'il n'existait qu'une dimension et qu'une direction constante, en sorte que les limites possibles déposition fussent toutes représentées sur une droite unique, il est hors de doute que, concevant, d'une manière générale, un rapport de contenance entre les parties rectilignes, et par suite une mesure implicite, nous n'aurions pourtant pas de moyen plus exact d'effectuer cette mesure que de fixer, puis d'appliquer certaine unité arbitraire par l'usage des sens ; nous serions réduits, dans cette hypothèse étrange, à construire un étalon matériel et à nous en contenter. Tel est précisément le cas de la durée, si ce n'est que nous manquons en outre d'étalon : chacun sait que les intervalles de succession des phénomènes, envisagés directement dans la sensation et dans la