‹ Essais de critique généraleChapitre 87 sur 139 · DE LA FORME ANTINOMIQUK · texte numérisé non relu

DE LA FORME ANTINOMIQUK

Passant aux catégories qui définissent la relation comme fixe, ou sans supposer aucun changement, nous avons reconnu dans le nombre et dans le tout,

Y un du multiple ou le multiple de l'un; dans Y étendue comme dans la durée, la limite intervallée, pour ainsi dire, ou Yintervalle limité; enfin , dans la qualité , la différence du genre ou le genre de la différence.

Et de même pour les catégories des rapports instables : le devenir a été défini par le non rapport du rapport ou le rapport du non rapport, la force par

Y acte de la puissance ou la puissance de racle (synthèse de ce qui est et de ce qui peut être), la passion par

Y état de la tendance ou la tendance de l'état (synthèse du moyen et de la fin). La dernière des catégories, condition à notre point de vue de toutes les1 autres et particulièrement des précédentes comme indispensable à la représentation du variable dans les relations, la conscience est une des plus nettement accusées et des plus anciennement reconnues d'entre ces synthèses de termes opposés. L'idéalisme en fait foi. Nous avons caractérisé comme le soi du non soi, ou le non soi du soi , la représentation ramenée à la conscience.

J'ai longuement développé, dans l'analyse des catégories, le sens des termes opposés. Voici maintenant la série des propositions contradictoires qui s'ensuivraient si, les tenant séparés dans chaque groupe, nous les appliquions au terme synthétique de la catégorie dont ils dépendent , comme à un seul et même sujet :

La relation est la diversité de deux termes, — la relation est l'identité de deux termes ;

Le tout est un (sans pluralité), — le tout est multiple (sans unité) ;

L'étendue est limite (sans espace), — l'étendue est espace (sans limite) ;

La durée est limite (sans temps), — la durée est temps (sans limite);

L'espèce est différence (sans genre), — l'espèce est genre (sans différence) ;

Le devenir est être (sans non être), — le devenir est non-être (sans être) ;

La force est acte (sans puissance), — la force est puissance (sans acte) ;

La passion est état (sans tendance), — la passion est tendance (sans état) ;

La conscience est soi (sans non soi), — la conscience est non soi (sans soi).

Si un tel système de propositions était avoué par la science, la science aurait son tombeau dans les catégories, et tout son pouvoir s'épuiserait à se le creuser elle-même. Le principe d'identité se trouvant infirmé, l'usage de l'analyse et de la synthèse serait fictif et dérisoire. Et l'on ne se sauverait pas en laissant les sources de la science dans les ténèbres de la contradiction pour prendre un point de départ plus rapproché de l'expérience, car toute expérience a sa règle dans, les rapports généraux qui forment les catégories ou qui en dépendent, et la pensée, armée de ces lois contradictoires, démontrerait à volonté le pour et le contre de

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