‹ Essais de critique généraleChapitre 9 sur 139 · DÉFINITION DU PHÉNOMÈNE · texte numérisé non relu

DÉFINITION DU PHÉNOMÈNE

en philosophie. Les novices le dédaignent, et pourtant il est inévitable. Il est la première des synthèses, la plus complète et la plus claire en môme temps que la plus vague, et tandis qu'il dit tout, H n'embarrasse l'esprit d'aucun système.

Or toutes les choses possibles, j'entends pour nous et pour notre connaissance, ont un caractère commun, celui d'être représentées, d'apparaître. S'il n'y avait point de représentation des choses, point d'apparence, en parleraie-je ? Je n'exclus ici aucuns sorte de représentation, jelaisseàce mot toute l'étendue qu'on voudra lui donner, mais alors on conviendra que des choses dont il n'existerait aucune sorte de représentation ne doivent pas, ne peuvent pas m'occuper, ne m'occupent pas en effet et n'occupeht personne.

J'appelle représentation (c'est ma première tautologie), cela qui se rapporte aux choses, distinguées ou composées d'une manière quelconque, et par le moyen de quoi nous lès considérons.

Mais que dire de la chose elle-même ? Rien de plus jusqu'ici. Et comment employer ce mot sans placer ^utre chose dessous? Faire ce que font journellement ceux qui l'emploient sans philosopher. Si je dis : La pire chose que ce gouvernement ait faite, c'est de.... ou, la chose qui m'étonne le plus entre toutes, c'est la...., ou la plus belle chose du monde est un lever de soleil, ou, l'eau, le fer, le feu, sont choses souverainement utiles à l'homme, on ne trouvera pas que je fais des hypothèses ou que je me crée des idoles. Non, je me borne à signaler des synthèses plus ou moins

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