DES PHÉNOMÈNES
aucun principe de division des phénomènes. Quelles que fussent en effet la classification et rénumération adoptées, nous pouvions affirmer la nécessité d'une détermination numérique des choses. Sil eût fallu pour cela définir etdénombrer tous les rapports actuellement donnés, effectuer toutes les mesures dont les éléments existent ou ont existé, il est clair que r inaccessibilité du monde aurait arrêté notre logique. C'est à la vérité le but que les sciences semblent poursuivre ; mais leur nature et leurs principes bornés leur interdisent de l'atteindre autrement que partiellement, c'est-àdire en un mot de jamais l'atteindre.
Si donc nous prenons un point de départ quelconque du milieu des phénomènes, ou des données de l'expérience, il nous est seulement permis, ou plutôt il nous est prescrit d'assurer que, d'une part, l'addition progressive des phénomènes de même ou de différente espèce, ainsi que de toutes les mesures, de l'autre, la division régressive de ces mêmes phénomènes, ont nécessairement une limite, inassignable en fait, et toutefois, en fait, donnée.
En traitant du monde, quant à l'étendue et à la durée, c'est avant tout sur la multiplication des phénomènes que nous avons dû fixer notre attention. La limite indéterminable et pourtant déterminée de l'échelle ascendante des rapports nous occupait. Mais le monde se développe aussi bien dans l'ordre de la décomposition que dans celui de la composition des données de l'expérience, et les lois de la représentation nous soumettent le problème de l'infini dans un
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sens aussi bien que dans l'autre. Toute étendue, toute durée sont divisibles, à ne les envisager que comme catégories, et l'expérience fournit matière à cette division! attendu que, par le fait, une étendue observable, une durée observable quelconque, sont par là même ouverts aux phénomènes intermédiaires. Cependant ce progrès descendant doit avoir un terme, et des phénomènes derniers doivent exister dont l'étendue, dont la durée soient les moindres de toutes celles que déterminent des rapports effectifs.
Les raisons de supposer une borne à l'infini régressif sont les mémos que pour l'infini progressif: elles se réduisent à ne recevoir jamais de propositions contradictoires. Les objections et les réponses sont aussi les mêmes. Si la représentation dune manière générale se refuse à cette limite que nous sommes contraints d'admettre dans les faits, c'est qu'elle est la loi des possibles en même temps que des donnés. Infinie en puissance, il ne s'ensuit point que les phénomènes dont elle apporte la règle soient infinis aussi. Un infini en puissance n'est pas contradictoire ; un infini actuel est la contradiction même.
L'infini, nous l'avons vu, est la loi des possibles ; le fini est la loi des donnés, représentés sous les catégories i le dernier de ces rapports donnés, aussi bien que celui qui embrasse tout, est réclamé par les catégories ellesmêmes, quoique l'expérience en appliquant celles-ci ne détermine jamais que des rapports intermédiaires.
S'il est impossible de rendre compte du fait de la limitation des phénomènes & certaines étendues et à