metentium post terga M O 8. efjugerint À GP X
Il est évident que À G P X forment groupe et c’est déjà un résultat acquis. Le relevé des variantes à témoins rares a pour objet de faire connaître ces groupes. Il débarrasse aussi l’apparat positif, dont il sera question plus loin, d’une foule de cas sur lesquels les manuscrits seraient presque tous d’accord.
Quand, au contraire, une variante a, suivant le nombre des manuscrits à comparer, plus de trois, ou quatre, ou cinq
témoins, elle mérite déjà le nom de variante à témoins multiples et elle peut entrer dans un groupe caractéristique destiné à procurer le classement. Notons cependant que si, dans un texte à 20 manuscrits, nous trouvons une variante qui a pour elle 16 ou 17 témoins, elle cesse d’être une variante à témoins multiples; c’est la leçon du texte-base qui devient une variante à témoins rares, trois ou quatre, suivant le nombre des manuscrits qui n’avaient pas fourni de variante en cet endroit.
3). Croix DES VARIANTES CARACTÉRISTIQUES A TÉMOINS MULTIPLES
C’est sur les variantes à témoins multiples que nous classons les manuscrits, mais toutes ne sont pas aptes à procurer le classement et l'esprit critique de chacun doit s’exercer 1ci de la manière appropriée aux divers cas que présentent les textes à éditer.
D’une façon générale, il n’y a pas lieu de retenir, pour les faire servir au classement, les variantes qui sont purement orthographiques, comme reperit et repperit; ni celles qui proviennent d’une mauvaise prononciation du dictateur, comme tepidae pour debitae, fautes souvent trop grossières pour n'avoir pas aussitôt attiré l'attention des copistes.
On laissera généralement aussi de côté les variantes provenant de la permutation du b et du » comme lepavit pour levabit; de même celles qui proviennent de l’oubli du trait superposé à la voyelle pour signifier m.
Le cas des noms propres doit être traité avec beaucoup de prudence. Certains donneront d’excellents éléments de classement, d’autres troubleront toute la recherche. La question à se poser est toujours celle de savoir si le nom dont il s’agit a pu provoquer les corrections personnelles des copistes. Tous connaissaient, par exemple, {srahel ou Abraham et avaient probablement en tête quelque idée sur la façon d’écrire ces noms. Si tel est le cas, il faut écarter les variantes portant sur le nom propre, comme inaptes au classement. :
Les interpolations, les omissions, les variantes très notables
au point de vue de l’histoire, du dogme ou de quelque autre catégorie de connaissances généralement répandues, doivent être écartées dans la plupart des cas, toujours parce qu’elles attirent l'attention des copistes. Encore une fois, rien n’empêche de noter à part la façon dont les manuscrits se divisent sur ces points spéciaux, mais, dans le choix des variantes à retenir pour classer les manuscrits, il ne faut garder que les particularités sans intérêt pour les copistes.
Une série comme pauxillum, pazillum, pusillum, pauxillulum est à écarter aussi, car la multiplicité des formes montre que les copistes hésitaient devant le mot et, par suite, étaient portés à le corriger.
Ces assez nombreuses causes d'exclusion n’empêcheront pas de trouver dans la grande majorité des textes toute une série de variantes aptes à procurer le classement des manuscrits : si leur nombre était trop grand, 1l faudrait faire une sélection en donnant la préférence à celles sur lesquelles les manuscrits se divisent par parties plus égales. Suivant la longueur des textes, 20, 25, 50, 80 variantes caractéristiques doivent largement suffire pour faire un classement. Une fois choisies il faut les disposer sous forme d’apparat positif.
4). CONSTITUTION DE L’APPARAT POSITIF POUR LES GROUPES CARACTÉRISTIQUES
Comme nous lPavons déjà expliqué avec insistance à plusieurs reprises, notre méthode est au service de la critique de l’archétype : elle vise à reconstituer celui-ci à l’aide de la tradition manuscrite qui dérive de lui; elle ignore la notion de « faute » qui découle nécessairement de l’idée que l’on se fait de l'original; elle ne connaît que des formes diverses présentées par les divers manuscrits ; il n’y a pour elle ni bonnes ni mauvaises leçons, et si nous nous servons du terme « variante », c’est parce qu’il n’est pas nécessairement lié à l’idée de faute. Lors donc que nous avons déterminé la série des points de notre texte sur lesquels les manuscrits présentent des différences, aptes
à procurer le classement, nous devons établir pour chaque point: non seulement la liste de toutes les formes en conflit, mais
aussi pour chacune de celles-ci la liste de tous les manuscrits
qui en témoignent. C’est là ce que nous appelons constituer un
apparat positif, par opposition aux apparats négatifs dans les-
quels on donne uniquement l'indication des manuscrits portant
une leçon différente de celle du texte-base. Comme on le verra
plus loin, un apparat négatif ne se prêterait aucunement aux
opérations de notre méthode; la constitution de l’apparat
positif est chez elle un point essentiel.
Pour établir un apparat positif il faut d’abord inscrire les diverses formes en conflit, c’est-à-dire celle du texte-base et les variantes; puis, auprès des variantes on aligne les sigles des manuscrits où elles se trouvent. On obtient ainsi, par exemple :