‹ Essais de critique textuelle (ecdotique)Chapitre 20 sur 47 · SR à C · texte numérisé non relu

SR à C

MS Ge 940. 41/49/23;24)27, 20.=M0 4/62; 15 22506 7

nous devrons conclure que À est intermédiaire entre B et C. Si au contraire nous avons au total :

ARE C = 15 AS BE CI =X10 A Be 627

nous n’aurons qu'à poursuivre patiemment les opérations de comparaison sur d’autres groupes de trois.

Si nous avions au résultat :

A < B C0 ARB << C0 À Bb C—=:15

cela voudrait dire que les manuscrits À et B ne présentent entre eux aucune différence. Un résultat voisin tel que :

AUD Cent ABB NC 12 À BAG ET:15

() Ce principe a été établi, Mémoire, p. 211-212. Voyez aussi plus haut, pp. 45 et suiv.

aurait à peu près la même signification : il voudrait dire que les manuscrits À et B sont extrêmement voisins l’un de l’autre, alors que C s’éloigne d’eux notablement.

Un point qu’il importe de ne pas oublier dans la comparaison des manuscrits par trois c’est que les «isolés », si on les admettait, troubleraient les résultats. Si donc, on a adopté, par exemple, le signe X pour indiquer le cas où, dans le groupe des variantes caractéristiques, un des manuscrits est le seul témoin d’une forme, il faudra se bien garder d'inscrire cette variante à l’un des trois cas de la formule, car, à supposer qu’elle se trouve dans le manuscrit intermédiaire, elle ferait croire à une concordance des deux autres contre lui ou plutôt contre le type qu’il représente et empêcherait d'obtenir le zéro. L'expérience montre que le cas est assez rare, néanmoins il ne faut pas le perdre de vue. Ainsi dans le cas des trois fiches comparatives suivantes :

PTE NQAURS +lolo HNRAIeE loi 0:

ololx HE + Che

il ne faudrait rien inscrire pour les variantes 2 et 4, comme on n’a rien inscrit pour la variante 3.

Avec un peu d'habitude on fait les comparaisons des manuscrits par trois avec une très grande rapidité, si facilement même que l’on est exposé à des erreurs. Il est bon de toujours

revoir deux fois la même comparaison lorsque les chiffres du total sont rapprochés du zéro.

9.) COMPARAISON DES MANUSCRITS PAR GROUPES DE PLUS DE TROIS, DANS L'INTÉRIEUR D'UNE FAMILLE

Lorsque les variantes à témoins rares ont délimité une famille de manuscrits, on peut faire porter la comparaison sur tous les manuscrits de la famille pour trouver la place de l’un d’entre eux. Mais il faut avertir tout de suite que cette comparaison ne donne de résultat vraiment intéressant que lorsqu'il s’agit d’un manuscrit qui se place à l’une des extrémités de la tradition, soit en tête, soit à la fin de la lignée des manuscrits conservés.

Pour faire cette comparaison, on rapproche toutes les fiches des manuscrits de la famille considérée et on examine les quatre cas suivants :

4) Le manuscrit X est d’accord avec tous les autres. On inscrit les numéros des variantes où ce cas se présente.

2) Le manuscrit X est d’accord avec presque tous les autres, sauf tel ou tel. On inscrit les numéros des variantes et, auprès de chacun, d’eux le sigle du ou des manuscrits qui, dans ce cas, diffèrent de X.

3) Le manuscrit X est en désaccord avec tous les autres. On inscrit les numéros des variantes.

4) Enfin, le manuscrit X est en désaccord avec presque tous les autres, sauf tel ou tel avec lequel il s’accorde. On inscrit le sigle de ce ou de ces manuscrits auprès du numéro de la variante.

Si aux cas 2 et 4 on constate que le manuscrit X s’accorde un certain nombre de fois avec une bonne partie des autres manuscrits de la famille, contre une autre partie assez considérable des manuscrits, cela veut dire que X se place quelque part au centre de la tradition, et la comparaison n’a pas donné de résultat utile; mais si, à ces mêmes cas 2 et 4, on voit apparaître un ou deux manuscrits seulement et si l’un de ces

manuscrits figure à diverses reprises aussi bien au deuxième qu’au quatrième cas, cela veut dire tout d’abord que X se place à l’une des extrémités de la tradition et ensuite qu’il est intermédiaire entre le manuscrit signalé aux cas 2 et 4 et le reste des manuscrits.

Rien n’est plus facile à expliquer. Si nous avons une famille dont les manuscrits se succèdent dans l’ordre :

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