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INTRODUCTION

Depuis plusieurs années, M. le Professeur PERROT s’efforce de résoudre les diverses questions qui se posent à propos de la Digitale. Ce problème est extrêmement complexe et les inconnues à dégager sont en nombre élevé. Les unes concernent la composition chimique de la drogue, d’autres son essai physiologique, d’autres enfin, d'ordre géographique, géologique et cultural, ont trait à la récolte et à la production de la Digitale. Le problème s’étend encore, étant donné que les mêmes questions se posent pour diverses espèces qui possèdent, comme le Digitalis purpurea, des propriétés pharmacodynamiques pouvant justifier l’emploi de certaines d’entre elles (Digitalis lanata, en particulier) dans la Thérapeutique.

C’est surtout au problème chimique que, jusqu’à présent, se sont attachés M. le Professeur PERROT et ses collaborateurs. C’est ainsi que M. DUGUÉ (1) a étudié la digitine, extraite autrefois par NATIVELLE. Avec le D' BOURCET, il a montré que ce principe, considéré par NATIVELLE comme un glucoside défini, est en réalité un mélange de deux substances : un glucoside très voisin de la digitonine et une substance non glucosidique identique à la gitogénine de WINDAUS et SCHNECKENBURGER.

Dans le même laboratoire, M, A. FOURTON a montré 1° que l’acide digitalique de MORIN est en réalité de l’acide succinique ;

(1) G. Duqué. — Etude de la digitine. Thèse Doct. Univ. (Pharm.), Paris, 1928.

2° que l'acide antirrhinique est un mélange d'acides isovalérianique, butyrique, propionique, acétique et formique.

3° que la Digitale renferme de l’acide férulique et de l’acide caféique, constituants du « tannoïde » de la Digitale (1).

Mais les résultats les plus intéressants concernent les substances actives de la Digitale.

NATIVELLE avait extrait, le premier, un principe défini : la digitaline cristallisée. Quelques années plus tard, SCHMIEDEBERG isolait la digitoxine. A la suite de toutes les recherches qui ont été faites, il n’est plus permis de douter de l'identité de ces deux glucosides et, conformément à la règle de priorité, c’est le nom de digitaline cristallisée qui devrait être conservé.

En outre de ce principe fondamental, des recherches plus récentes ont abouti à l’extraction de deux produits nouveaux : la gitoxine de WINDAUS ou bigitalinum de CLOETTA et le gitalinum cristallisatum de CLOETTA.

Ce sont, comme la digitaline cristallisée, des corps contenant du digitoxose; ils diffèrent du glucoside type de NATIVELLE par leurs « génines », d’ailleurs très voisines de la digitoxigénine.

Ces trois glucosides et leurs génines constituent les principes actifs actuellement connus du Digitalis purpurea ; parmi eux, la digitaline est de beaucoup le plus actif.

Il semblerait donc que le problème des principes actifs de la Digitale soit entièrement résolu, si des faits nouveaux n’avaient été apportés par les recherches de M. le Professeur PERROT et du D' BOURCET.

En effet, ces auteurs n’ont pu extraire de feuilles de Digitale stabilisées, ni d’ « intraits » préparés à partir de cette matière première, la digitaline cristallisée. Cependant, feuilles ot intraits possédaient une activité extrêmement satisfaisante. Ces auteurs sont donc amenés à considérer que sans doute la digitaline cristallisée est constituée par un produit provenant

(1) A. FOoURTON. — Sur les acides de la Digitale. Thèse Doct. Uni (Pharm.), Paris, 1929. te,

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