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de la « cassure » d’un complexe initial représentant le véritable principe actif de la drogue. Ils ont réussi, à partir d’un intrait, par conséquent d’une matière première de même composition que la drogue fraîche, à obtenir un produit qu’ils appellent « totum digitalique », très probablement identique au complexe initial. Ce produit est une association de principes glucosidiques et de substances tannoïdes, dans laquelle ont été caractérisés aussi l’acide caféique et la potasse. Nous aurons l’occasion, dans le chapitre V de notre travail, d’insister sur l’importance théorique et pratique de ces faits.
Le deuxième problème à envisager est celui de l'essai physiologique de la drogue. Depuis longtemps, dès les premiers essais d'ordre physiologique qui ont été effectués, on a remarqué que l’activité pharmacodynamique n’est pas en rapport avec la teneur en digitaline cristallisée. Depuis, de très nombreux travaux ont été consacrés à l’établissement d’une méthode biologique d’essai de la Digitale. Nous les exposérons plus longuement. Ce que nous tenons à dire ici, c’est que quelle que soit la méthode d'essai employée, elle présente des difficultés considérables d'ordre matériel, parce qu’elle exige pour chaque dosage plusieurs animaux, d’où, pour une étude approfondie, la nécessité de recherches très longues, très dispendieuses et par conséquent difficilement réalisables. À ce point de vue, M. le Professeur PERROT souhaite vivement que des progrès soient réalisés, permettant aux chercheurs la continuation des travaux entrepris.
Quoiqu'il en soit, qu’il s’agisse de teneur en digitaline ou d'activité physiologique, des feuilles de Digitales récoltées en des lieux différents, à des moments divers et à des périodes variables de la végétation sont extrêmement inégales.
Aussi est-il difficile d'obtenir régulièrement, par cueillette, des produits de valeur approximativement constante. Dans un même endroit, d’une année à l’autre, les Digitales récoltées peuvent présenter de grosses différences dans leur teneur glucosidique ou leur toxicité. Il y a donc, là encore, lieu à de nombreuses recherches afin d'établir quels facteurs naturels
constitution du sol, variations climatériques, altitude, etc., influent sur la valeur du produit.
Ajoutons que les conditions dans lesquelles la Digitale a été desséchée modifient, dans des proportions parfois considérables, la valeur du produit.
Enfin, se présente la question de la production culturale de la Digitale.
Comme nous l’avons dit plus haut, ce n’est pas seulement au sujet du Digitalis purpurea que se posent toutes ces questions mais aussi à propos d’autres espèces, comme le Digitalis lanata sur lequel M. le Professeur PERROT, MM. BOURCET et HAMET viennent tout récemment d'attirer l’attention.
Comme on peut le voir, il y a là un problème extrêmement vaste à résoudre, à la solution duquel doivent concourir chimistes, pharmacologues, thérapeutes et même, sur certains points, botanistes et agronomes. M. le Professeur PERROT, depuis plusieurs années, s’est attaché à l’étude de toutes ces questions et déjà les résultats acquis sont d’un intérêt évident. Il y a beaucoup à faire encore, et les recherches continuent.
Pour notre part, nous nous sommes spécialement attaché à l’étude de la culture du Digitalis purpurea. M. le Professeur PERROT, qui nous a indiqué ce sujet de travail, nous a constamment guidé avec la plus grande bienveillance. C’est à ses conseils que nous devons de pouvoir présenter ici quelques resultats qui ne lui ont pas paru dénués de tout intérêt. Qu'il veuille bien trouver ici l’expression de notre respectueuse gratitude.
M. le Professeur A. GORIS, Directeur de la Pharmacie centrale des Hôpitaux de Paris, a bien voulu nous faire l’honneur de faire partie du Jury de notre thèse. Nous l’en remercions respectueusement.
M. le Professeur Agrégé MASCRÉ, dont nous avons été autrefois l’interne, a suivi de très près ce travail et ses conseils nous ont été particulièrement précieux. Nous l’assurons ici de toute notre reconnaissance.
PEN Bier
Nous ne voudrions pas oublier M. le D' R. WEITZ, Assistant au laboratoire de Matière Médicale à la Faculté de Pharmacie de Paris, qui nous a fait profiter de ses profondes connaissances et nous fut d’un utile secours.
M. J. CLÉMENT, notre Confrère et Camarade à l’Armée d'Orient, a bien voulu mettre à notre disposition toute sa compétence en matière d’engrais pour nous établir les formules d’amendements chimiques utilisés. Nous l’en remercions bien sincèrement.
Nous remercions également M. HÉLIE, propriétaire à Coutances et MM. Raymond et Maurice GUILLON, industriels à Saint-Lo, qui très gracieusement nous ont prêté les terrains d’expériences ; MM. BOULANGER-DAUSSE, qui nous ont initié à la pratique de la stabilisation ; nos Confrères MM. BÉHA, Pharmacien à Belfort, et GOGUYER-DESSAGNES, Pharmacien à Dun-le-Paileteau, qui nous ont procuré les plantes ; M. CHOTARD, Directeur de l’Ecole Normale d’Instituteurs de Saint-Lo, M. VALLÉE, Econome et M. MAHAUT, Professeur de Sciences à la même Ecole, dont les renseignements nous ont été utiles.