CONCLUSIONS GÉNÉRALES
Les expériences que nous avons poursuivies pendant trois années nous permettent de conclure à la possibilité de cultiver la Digitale, et même d’obtenir, par l’emploi judicieux des engrais, une augmentation marquée du rendement, les produits recueillis étant doués d’une activité physiologique égale ou s11périeure à celle de jl’étalon international.
Après avoir apporté tous nos soins au choix du terrain, nous avons expérimenté avec toute une série d’engrais. Ayant obtenu, au cours de la première année, un rendement maximum avec l’un des mélanges utilisés, nous avons, les années suivantes, continué les essais en prenant comme base l’engrais optimum et faisant varier sa composition, en vue d'établir le rôle respectif de ses divers constituants.
Ces essais nous ont amené aux conclusions suivantes :
1°) Les sels de potassium exercent une influence nettement favorable sur le poids de la récolte. Les résultats obtenus avec le sulfate et avec le chlorure sont les mêmes; c’est donc la base potasse qui agit.
2°) L’acide phosphorique exerce aussi une influence favorable.
83°) Comme sources d’azote, le sulfate d’ammoniaque et le nitrate de soude ont agi de façon identique, sous cette réserve qu’il semble qu’une trop forte proportion de sulfate d’ammoniaque soit nuisible au rendement.
Dans les expériences de 1929, l’addition de fumier de cheval
ENSA ES
n’a déterminé aucune augmentation du poids de la récolte. Cet engrais n’ajoute donc rien aux effets des autres fertilisants employés. Cependant, nous devons rappeler que LEONE, par la seule addition de fumier de cheval, a obtenu, lui, une améliora-
tion de la récolte.
4°) Le sulfate de magnésie n’exerce aucune action. 5°) Le sulfate de manganèse, employé seul, a favorisé le
développement de la Digitale, ce qui confirme les nombreuses opinions émises sur la nécessité du manganèse pour ce végétal.
En résumé, par l’emploi d’un engrais renfermant, comme éléments fertilisants, pour 30 mètres carrés, une proportion de:
KrO:v7 STER APE 1104 grammes VAR e “Ie TALTS 240 = POP Er Aie aide 192
nous avons obtenu une augmentation de rendement du simple au triple. |
Ces résultats montrent qu’il est possible de cultiver avantageusement la Digitale. Il faudra évidemment teïir compte, dans la pratique, de la composition du sol et des conditions climatériques. Nous nous sommes trouvé, à ce point de vue, dans des circonstances relativement favorables, puisque la Digitale poussait spontanément dans les terrains utilisés pour ces expériences. |
Le meilleur rendement obtenu a été de 18 à 20 kilogr. de feuilles fraîches pour une planche de 10 mètres carrés. En prenant ces nombres comme base, on pourrait envisager, pour une superficie d’un hectare, une récolte de 20.000 kilogr.
On peut donc facilement considérer, dans un terrain convenable, une récolte de 15.000 kgs à l’hectare comme base raisonnable de calcul pour l’établissement d’une culture industrielle. Il reste évidemment, toutefois, qu'avant d’établir cette culture sur une grande échelle, il serait nécessaire de procéder à un essai
préalable, sur une surface de 100 ou 200 mètres carrés par
exemple.
Nous avons étudié également la valeur physiologique des produits récoltés, en nous plaçant dans les meilleures conditions pour donner à cet essai toute sa valeur.
Dans l’ensemble, à de rares exceptions près, toutes les feuilles essayées ont montré unê activité égale ou supérieure à celle de l’étalon international. Dans deux cas seulement, les valeurs obtenues ont été inférieures, tout en restant encore dans les limites proposées, puisque la diminution d’activité constatés n’atteint pas les 20% tolérés par rapport à l’étalon international.
Les plantes fleuries ont fourni des feuilles d’excellente qualité et qui semblent même, dans l’ensemble, supérieures à celles des plantes non fleuries. Ce fait s’accorde avec l’opinion des auteurs qui considèrent les feuilles récoltées à l’automne comme les plus riches en principes actifs.
L'expérience nous a montré qu’il suffit de sécher rapidement et avec précaution les feuilles, en évitant tout échauffement, pour obtenir une drogue active.
La stabilisation ne présente donc à ce point de vue aucun avantage immédiat. Elle conserve cependant toute sa valeur quand on envisage la conservation prolongée des poudres -offici-
nales.
Enfin, au point de vue biologique, il est tout à fait remarquable de signaler que des plantes de trois origines différentes ont réagi parallèlement vis-à-vis des engrais employés. Il est tout à fait remarquable aussi d’avoir constaté que des plantes originaires de Coutances se sont montrées aussi actives que les plantes de Belfort et de Dun. Il semble donc possible de récolter, parfois, en dehors de la région classique des Vosges et des révions analogues, des Digitales actives, susceptibles d'emploi üitapeutique. Cependant, il n’est pas prouvé que ces mêmes
Ne
feuilles puissent convenir pour l’extraction industrielle du glucoside. De nouvelles recherches sur ce point mériteraient peutêtre d’être entreprises.
Vu, bon à imprimer, Le Président de la Thèse :
Em. PERROT.
Vu, Le Doyen de la Faculté :
M. RADAIS.
Vu et permis d'imprimer, Le Recteur de l’Université :
S. CHARLETY.