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CHAPITRE VII

Préparation de Ja feuille et de la poudre officinales

En ce qui concerne la feuille, les nombreuses observations faites par divers auteurs et que nous avons rappelées précédemment, d’une part, et d'autre part nos expériences personnelles montrent qu’elle doit être desséchée rapidement, aussitôt après la récolte, en évitant soigneusement l’échauffement des feuilles. On pourra avoir recours à la stabilisation par les vapeurs d’alcool. ;

Dans ces conditions, le produit obtenu conserve toute son activité et constitue une excellente matière première pour la préparation de la poudre officinale.

Au sujet de cette poudre, diverses mesures ont été prescrites depuis peu pour mettre à la disposition de la Thérapeutique une poudre d’activité déterminée et constante.

La poudre sera préparée par les méthodes habituelles, mais amenée à une teneur en eau aussi réduite que possible, en vue d’assurer sa bonne conservation ; puis elle sera titrée physiologiquement.

Nous avons déjà rappelé plus haut que l’activité d’une poudre s’affaiblit au cours de sa conservation, et cela d’autant plus que la poudre est riche en eau,comme l’a montré JOANIN (1).

(1) A. JoaniIN. — Les poudres de Digitale du commerce et leur con-ervation. — Bull. Sc. pharmacol., 1910, 17, p. 707-717.

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En 1909-1910, quatre échantillons de poudre de Digitale du commerce, essayés par la méthode biologique (Rana temporaria), ont donné des valeurs toxiques comprises entre 1,44 et 2,05 c’est-à-dire nettement inférieures à la normale. JOANIN conclut que cet affaiblissement de titre est la conséquence d’une mauvaise dessiccation de la plante et d’une conservation défectueuse de la poudre, par suite de l’humidité restée dans la plante lors du séchage et aussi de celle que la poudre a pu absorber ultérieurement.

Des expériences ont démontré que les poudres contenues dans des flacons bien fermés, mais contenant 6,5 % d’eau, perdent en un an de 1/5° à 1/2 de leur valeur toxique primitive.

D'autre part, des poudres contenant peu d'humidité, mais placées dans des flacons non bouchés, voient leur teneur en eau augmenter, tandis que leur valeur toxique peut baisser de 59 et même de 76 %.

Il en est de même lorsque l’on conserve les feuilles sèches entières. 7

Ces différentes données, confirmées par les expériences ultérieures, ont amené les rédacteurs de la Pharmacopée allemande (1926), à faire préparer la feuille de Digitale sous le nom de « feuille titrée ou normalisée », en petits flacons de verre brun, scellés, portant le numéro d’ordre et la date correspondant à l’essai physiologique effectué. Ces feuilles ne doivent pas contenir plus de 3 % d'humidité.

Quant aux méthodes d’essai physiologique, ce seront celles qui ont été adoptées par la Conférence internationale et que nous avons citées dans le chapitre V.

La section d'hygiène de la Société des Nations a adopté des mesures analogues, dont M. le Professeur TIFFENEAU a entretenu les représentants de la Droguerie et la Pharmacie française. (1)

(1) M. TIFrENEAU. — Etalonnage de la Digitale. Décisions prises à la réunion des Droguistes du 19 déc. 1929, Bull. Sc. pharmacol., 1930, 87, p. 35.

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Par suite, le 19 décembre 1929, les décisions suivantes ont été prises à la réunion des droguistes :

1°) Introduction dans la prochaine édition du Codes d’un procédé de dosage physiologique.

20) La poudre de Digitale serait seule officinale, à l’exclusion de la feuille, qui ne circulerait que dans le commerce de la Droguerie.

3°) Le taux d'activité de cette poudre officinale sera celui de l’étalon international.

4°) Une tolérance de 20 % au-dessus et au-dessous sera officiellement admise.

5°) Le taux d'humidité de la poudre officielle sera de 3 %.

6°) La question de ia poudre et des autres préparations de Digitale destinées à l’usage vétérinaire est réservée.

7°) Dans les officines, la poudre de Digitale titrée sera répartie soit en ampoules scellées de 1 à 2 grammes, soit en flacons bouchés de 5 à 10 grammes, dont les pharmaciens devront employer la totalité. ré

C’est ici que la préparation de poudres stabil::ées grâce aux vapeurs d'alcool par ie procédé de MM. les Frofesseurs PERROT et GORIS trouve une application de première importance.

Si les poudres non stabilisées et incomplètement sèches se conservent mal, cela est dû, de toute évidence, à ce que les ferments non détruits agissent sur le complexe glucosidique actif. Cette action ne pourra s'exercer dans le cas des poudres stabilisées, chez lesquelles les ferments ont été détruits. Il conviendra toujours de les dessécher aussi complètement que possible, mais l’absorption d’hnmidité ne saurait avoir les mêmes inconvénients.

Ce fait à été d’ailleurs vérifié par M. le Professeur PERROT, qui fit titrer à six ans d'intervalle une poudre de Digitale stabilisée conservée sans précautions particulières dans un flacon ordinaire. La première analyse avait donné une activité de 4, alors que la seconde révéla encore 3,5.

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