Rom. etym. Wœrterhuch
4. Fonétiquement la métatèse supposée par Chabaneau est assez difficile à admettre, car je ne vois guère d'exemple d'une permutation dans laquelle les consonnes n'échangent qu'un élément (ici labial et palatal) en gardant l'autre (sourde-sonore). On pourrait supposer la métathèse normale et complète guespa > *pesgua, puis le changement de p en b sous l'influence à\a)belha. L's sourd pourrait expliquer le passage postérieur de g à comme dans buxida boiste, mucïdu moiste, PROMUSCiDA promoisle. Les formes avec g (^bêgo, biêgo) seraient alors les témoins de l'étape arcaïque. (Communication de M. A. Thomas.)
lequdb^go et /'/^fi? s'expliqueraient comme des déformations récentes (et b^ko de 624 par une influence du nord). Resterait à prouver l'indépendance du catalan bagot, qui pourrait, somme toute, avoir à faire ailleurs (peut-être tout simplement à apicula ?). Mais alors que serait ce *BEsauA énigmatique ? Aurait-on le droit de songer à une « Umgekehrte Sprechweise » qui, dans une certaine région de la Gaule, aurait induit les indigènes à prononcer *VEsauA au lieu de vespa, parce que le au latin, dans les mots à racine commune, s'opposait au p gaulois ' ? Nous avons un flottement analogue pour le nom du pinson (supposant *piNCiONE d'une part, *auiNCiONE de l'autre). Mais le ? On pourrait penser à l'influence à\a)belha.
On le voit, nous avons beau tourner le problème sur toutes ses faces, il est difficile d'arriver, à l'heure actuelle, à une solution satisfaisante. Attendons, en espérant que de nouveaux documents nous l'apporteront un jour.