Yarrow Unvisited
2. Le leech-gatherer (dans Resolution and Independence) , Michael, Ruth, etc.
simplicité, le réalisme de la description dans ce qu'elle a de traits réels donne à l'idéal qui les enveloppe ou les pénètre un caractère de réalité et de vérité de fait que nul autre poète n'a su lui donner à un pareil degré d'illusion. C'est en cela que consiste le charme de ce que M. Myers appelle d'un mot heureux « la simplicité magique de Wordsworth ».
Poète de la nature, il offre le même caractère. L'âme et l'invisible débordent de toute part. M. Shairp, dans un beau livre sur lequel nous reviendrons plus tard 1 et où il s'occupe beaucoup de Wordsworth, signale dans Y Excursion2 une description de lever de soleil où il y a à peine une expression qui fasse appel à la vision extérieure. Rien que les sentiments que le spectacle éveille dans un cœur vibrant ; et pourtant toute la scène s'évoque aussitôt devant nos yeux plus vivante que nul descriptif n'aurait su la faire : on peut peindre sans couleur. C'est ce que Wordsworth fait d'ordinaire: ses rochers, ses rivières, ses montagnes, ses soleils prennent leur forme et leurs contours de l'âme où ils se reflètent. Wordsworth , il est vrai , en théorie, faisait de la nature un être réel, organe de Dieu parlant à l'homme; mais la nature ne donne à l'homme qu'en proportion de ce qu'elle en reçoit: