‹ Essais de littérature anglaiseChapitre 117 sur 122 · BROWNING · texte numérisé non relu

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HERVE R1EL

même, en Angleterre et ailleurs, que le Français ne fait rien que « pour la gloire et la gloriole; » un poète anglais répondait aux siens en montrant un Français « qui agit suivant le mot de Nelson, mais sans la pensée de Nelson, qui fait son devoir parce que le devoir est là et écarte avec un sourire la récompense qui lui est offerte 1 ».

Hervé Riel voulait être oublié; il Ta été à souhait. En 1692, en 1783, en 1871, à trois reprises, la gloire venait à lui, et par trois fois la vague d'oubli l'a recouvert. La poésie même, qui pourtant fait les immortels, a été impuissante dans l'œuvre de résurrection. Du moins le héros du Groisic ne revit qu'en Angleterre, et il est perdu pour sa patrie, aujourd'hui comme autrefois. Est-ce pour toujours?

A une heure où la France, trop longtemps dédaigneuse de son passé, recommence enfin à se souvenir qu'elle a vingt siècles d'histoire, et où dans toutes ses villes, sur toutes ses avenues et toutes ses places, elle taille en marbre et fond en airain ses deux mille ans de gloire, le pauvre pilote côtier restera-t-il à jamais délaissé? La France n'aura-t-elle jamais de marbre et d'amour que pour les héros de théâtre et les bruyants de l'histoire, généraux en panache, conventionnels en écharpe, avocats en robe traînante?

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