F.-J. Furnivall, A Biblîography of Robert Browning
On parle beaucoup, en notre temps de démocratie, du droit des pauvres, des humbles, du peuple, et que la gloire des élus est faite du dévouement anonyme des petits, comme la fortune d'un millionnaire est faite de milliers de mains calleuses. Eh bien ! que l'humble matelot qui sauva la flotte de France et ne voulut rien se dresse dans sa casaque grossière sur les bords de la Rance, en face de la tour de Solidor ! qu'en lui, le peuple ait aussi sa statue, la première qui lui ait été dressée ! Et si la modestie du vieux loup de mer s'effarouche, eh bien ! n'écrivez point sur le socle de la statue Hervé Riel; dédiez-la aux milliers de héros inconnus qui ont souffert et péri, qui souffrent et périssent, sans mot dire, pour le salut de tous, et comme Athènes dressait un autel au dieu inconnu, érigez-la au dieu des dévouements silencieux.
Et le poète étranger qui nous a rendu Hervé Riel n'aura-t-il pas un souvenir de la France? La Convention faisait Français Schiller et Klopstock pour avoir bien mérité de la France. Naguère, Paris donnait droit de cité à Richard Wallace, le bienfaiteur de Paris. La France se doit à elle-même de ne pas ignorer du moins qu'il y a un grand poète étranger qui, à l'heure où elle était écrasée et humiliée, a écrit pour elle des lignes qui resteront. Qu'elle récompense le poète en rapprenant de lui le nom de son héros ! Rendu à la France par un étranger, Hervé Riel n'en est que plus Français encore. Puis.
à une certaine hauteur de génie et de cœur, le poète appartient à toutes les nations, et, pour la France, recevoir des mains de Browning, ce n'est plus recevoir d'un étranger.
MISS TORU LUTT 1
Le Journal de Mademoiselle d'Arvers, publié par Mlle Clarisse Bader ; Paris, Didier, 1879. — A Sheaf gleaned in Frenck Fields (Gerbe cueillie en champs français; nouvelle édition, 1880; Londres, Kegan Paul). — Ancient Ballads and Legends of Hindustan (Vieilles ballades et légendes de l'Hindoustan, 1882 ; Londres, Kegan Paul).
Le nom de miss Toru Dutt est déjà connu des lecteurs du Parlement par une notice émue que lui a consacrée M. André Theuriet, il y a deux ans environ2. Je ne reviendrais pas sur un sujet déjà touché par une main aussi délicate si de nouveaux documents, publiés depuis, ne permettaient aux amis lointains de la pauvre et jeune Hindoue de se représenter de plus près cette douce et mélancolique figure, qui par tant de traits appartient à la France. Cette enfant du Bengale si admirablement et si étrangement douée, Hindoue de race et de