‹ Essais de littérature anglaiseChapitre 25 sur 122 · Source de I · texte numérisé non relu

Source de I

MACBETH

e.les prit la parole et dit : « Salut, Makbeth, thane de Glammis ! » (Il venait récemment d'entrer en possession de cette dignité par la mort de son père, Synel.) La seconde dit : « Salut, Makbeth, thane de Cawder! » Et la troisième dit : « Salut, Makbeth, qui seras roi d'Ecosse ! »

Alors Banquho : « Quelle sorte de femmes êtes vous, dit-il, qui adjugez à mon ami de si hauts offices et la royauté même, et rien à moi? » — « Non, répondit la première, nous te promettons mieux qu'à lui; car lui régnera bien en réalité, mais avec une fin funeste, et il ne laissera pas de postérité pour lui succéder : toi, tu ne régneras pas, mais de toi sortira une longue et ininterrompue lignée de rois d'Ecosse. »

Sur ces mots les trois femmes disparurent. Makbeth et Banquho ne virent là d'abord qu'une apparition illusoire : Banquho appelait en plaisantant Makbeth roi d'Écosse, et Makbeth répondait en l'appelant père de rois. Mais plus tard, l'opinion courante fut que ces femmes étaient les sœurs fatales*, c'est-à-dire les déesses de la destinée, ou quelques nymphes ou fées douées de la science de l'avenir, car tout se passa comme elles l'avaient dit. En effet, peu après, le thane de Cawder fut condamné à Fores pour haute trahison, et ses biens

3. The weird sisteiv, les trois Nornes de l'Edda (Urd, Werdandi et Skuld : Passé, Présent, Avenir), les Parque? des Latins, les Motpat des Grecs.

ri

et charges furent transférés par le roi à Makbeth1.

La nuit suivante, Banquho dit en plaisantant à Makbeth : « Tu as obtenu ce que t'avaient annoncé les deux premières sœurs, il ne te reste qu'à obtenir ce qu'a prédit la troisième. » Là-dessus Makbeth se prit à réfléchir et à songer comment il pourrait obtenir le trône : mais il se dit qu'il fallait attendre que les circonstances l'y portassent par l'action de la Providence, comme il était advenu précédemment.

Mais peu après2 le roi, qui avait deux fils, créa l'aîné, Malcolme, prince de Cumberland, ce qui était le désigner pour successeur. Voyant par là ses espérances tranchées (car la loi d'Ecosse voulait que, si l'héritier légitime n'était pas en état d'exercer le pouvoir, le parent le plus proche après lui reçût la couronne), Makbeth se prit à chercher comment il pourrait gagner le trône par force, s'y croyant autorisé par le tort que lui faisait Duncan. Les paroles des trois sœurs l'y encourageaient grandement, mais c'était surtout sa femme qui l'y pressait, étant très ambitieuse et brûlant d'une soif inextinguible de porter le nom de reine3.

Aussi4, se concertant avec ses amis les plus intimes, Banquho le premier, il s'assura leur appui,

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