‹ Essais de littérature anglaiseChapitre 36 sur 122 · II · texte numérisé non relu

II

.... merciful powers, Restrain in me the cursed thoughts that nati.re Gives way to in repose.

laissant le destin maître de l'avenir obscur, s'attache obstinément au devoir clair du présent.

Telles sont les modifications essentielles que Shakespeare introduit dans la tradition ; par ellemême, elle offrait déjà, comme Buchanan l'observait dès 1582, une matière dramatique 1 ; mais la matière seule était dramatique ; transformée par Shakespeare, les caractères mêmes le deviennent. Le poète n'a plus dès lors qu'à suivre fidèlement2 X, récit du chroniqueur, dont il emprunte souvent jusqu'aux expressions. Certains des traits qu'il ajoute sont empruntés ou inspirés d'autres parties de Holinshed : par exemple, le récit de la mort du jeune Siward 3 et le cri de Macbeth : Macbeth a tué le sommeil 4 !

Il est cependant toute une série de traits, et des plus originaux, dont il n'y a pas trace dans Holinshed : l'apparition du spectre de Banquo, les visions du quatrième acte, la scène de somnambulisme. Une question nouvelle se pose donc ici : ces

1. Multa hic fabulose quidam nostrorum affingunt: sed, quia theatris aut Milesiis fabulis sunt aptiora, quam historié, ea omitto. (Rerum Scoticarum Historiée, VII, 13.)

2. Quelquefois trop fidèlement: la longue scène, un peu traînante et sans réelle portée pour l'action, entre Macduff et Malcolm (IV, 3), n'est que la mise en vers d'un morceau de rhétorique morale de Holinshed, qui lui-même reproduit le latin de Fordun.

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